Julien, Misopogon ; H&tWeïn, p
10. Julien, Contre les chrétiens^ dans saint Cyrille, Contra Julianum^ VII ; Neumann, p. 207.
11. Sot G^voixoOvîc; 6eoi xal Sztitovt;. Libanius, Legatio ad Julianum.
218 LES PRATIC^UëS RELIGIEUSES.
touchent de la main pour t'éveiller, te révèlent les embûches, le moment de combattre, la disposition à donner à ton armée, où il faut aller, d'où il faut revenir. Seul tu as vu leur visage, bienheureux contemplateur et envoyé des bienheureux! Seul tu as eu le privilège d'entendre et de reconnaître la voix des dieux, et de pouvoir t'écrier, comme dans Sophocle, tantôt : voix de Minerve! tantôt : voix de Jupiter ! ou bien : Voix d'Apollon, d'Hercule, de Pan, de chacun des dieux et des déesses ^! » Âmmicn Harcellin, qui partage quelquesunes de ces superstitions, ne peut s'empêcher d'en noter discrètement Textravagancc. « Julien, dit-il, était trop adonné à l'observation des présages ^. ♦>
Les chrétiens avaient remarqué aussi l'étrange manie de l'empereur apostat. Parmi eux couraient à ce sujet des récits qu'il est intéressant de recueillir, au moins comme écho de ce qui se disait alors. Un jour, raconte saint Grégoire de Nazianze ^, Julien examinait après un sacrifice les entrailles d'une victime. Il crut y voir l'image d'une croix, qu'entourait une couronne. Les assistants se troublèrent : ce phénomène leur semblait annoncer le triomphe du christianisme. « La couronne, aux yeux des devins, est signe de victoire : et comme le cercle qui forme la couronne n'a ni commencement ni fin, la victoire ainsi présagée doit être éternelle ^. » Mais un interprète plus savant ou plus habile ranima les courages. Selon lui, le phénomène était, au contraire, de bon
f . Libanius, Legatio ad Julianum.
2. « PrsMgioram sciscilaUoni nimi» deditas. » Ammlen MarceUîn, XXV, 4.