Aromien Marcellio, XX
revenaient toujours à se demander si la réconciliation avec Constance, qu'il avait longtemps désirée, était encore possible, ou s'il ne vaudrait pas mieux Tattaquer sans retard. Toujours aussi il se répondait que cette ^réconciliation, au cas où elle pût se faire, resterait peu solide, et que Constance, même apaisé en apparence, ne serait jamais qu'un dangereux ami. Il se rappelait avec inquiétude que jusque-là, dans les discordes civiles, Constance était toujours demeuré victorieux ; mais en même temps il songeait avec effroi à son frère Gailus, s'abandonnant par inertie à la trahison qui l'avait perdu ^. Ses réflexions l'acheminaient peu à peu à une solution belliqueuse. La guerre ouverte lui semblait maintenant moins à craindre qu'une paix semée de pièges. Ou cette guerre, en inspirant à Constance une salutaire terreur^, l'amènerait à reconnaître sans arrière-pensée la souveraineté de Julien, ou elle se terminerait par la défaite, peut-être par la mort de l'orgueilleux suzerain, et laisserait ainsi à son vainqueur l'empire sans partage.
La superstition l'encourageait à cette criminelle espérance. Dans les pratiques divinatoires auxquelles il se livrait secrètement encore, mais avec une ardeur croissante, Julien trouvait un aiguillon continuel à son ambition. Tous les présages, recueillis avec soin, s'interprétaient dans un sens favorable à celle-ci. Un songe qu'il eut à Vienne acheva de fixer ses résolutions. Une nuit, pendant son sommeil, un génie, resplendissant de lumière, apparut à Julien, et lui récita, à plusieurs