‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 22 sur 298 · Âimnien Marcellin, XX · texte numérisé non relu

Âimnien Marcellin, XX

2. a Terroris incutiendi gratis, v Ibid. Cf. Jalien, Ep, 13; HerUein^ p. 493.

reprises, un quatrain de vers grecs, où était annoncée la mort prochaine de Constance ^ . Dans ce rêve de son esprit préoccupé, Julien vit sans hésiter une manifestation surnaturelle. Il lui sembla avoir entendu un oracle des dieux. Ses dernières agitations s'apaisèrent. Il reprit son sang-froid, et, irrévocablement décidé, ne s'occupa plus que d'augmenter' ses forces et de se préparer à Taction, en homme qui ne doute plus du succès ^.

Nais cette assurance ne lui fit pas négliger ses précautions accoutumées* S*il cessait de ménager Constance, il croyait encore utile de ménager Topinion publique. Les chrétiens, surtout dans les villes, étaient nombreux et influents. L'Église des Gaules commençait à se remettre des maux causés par Tarianisme. Saint Hilairo était revenu d'exil. En même temps que les épreuves souffertes pour l'orthodoxie avaient accru son autorité^ la connaissance qu'il avait, durant son séjour en Asie, acquise des hommes de l'Orient lui faisait voir sous un jour plus conciliant certains de ses adversaires, en lui montrant la possibilité de les ramener par la douceur et par une discussion calme à la vérité. La position prise par lui vis-à-vis des semi-ariens, parmi lesquels se trouvaient des hommes de bonne foi et de bonne volonté, avait été celle d'un docteur mûri par l'âge, par la souf-

1. Voici ce singaller quatrain, tel qa'Ammien Marcellio le rapporte : ZsO; 2tav clç TcXotTO tép(jia \ij6\iq xAutov 08ooxoio UapOsvixJlc 8à Kpôvoç |AO:p^ ^tv^ iiti ic^ixTcrr, ElxooT^, Paai>sùc KuvcrrdvTio; 'AoriSoç alvic Tip\ut çiXou ptoToû otvycpov xal itcêôfiuvov 2Çii. n Lorsque Jupiter sera près de sortir du Verseau, et que Saturne sera monté au Tingt-cinquième d^ré de la constellation de la Vierge, Constance, empereur d'Asie, Terra terminer ses jours par une mort triste et douloureuse. 9 3. Aounien Ifarcellin, XXI, 2.

france, par Tétude, enclin à rechercher ce qui rapproche plus que ce qui divise. C'est dans cet esprit qu'en 358 ou 359, répondant de Phrygie à des questions posées par ses collègues de Gaule et de Bretagne, il leur avait adressé son livre des Synodes. Rentré en Gaule, il avait continué son œuvre tout à la fois d'apaisement et de fermeté, en provoquant la réunion d'assemblées d'évèques où bien des malentendus furent dissipés, tandis que les tenants obstinés des doctrines ariennes, comme son ancien adversaire Saturnin d'Arles, s'y voyaient formellement désavoués ^ C'est le moment aussi où le plus illustre des disciples de saint Hilaire, l'ancien soldat Martin, fondait dans les environs de Poitiers le premier établissement monastique de Gaule. L'état du christianisme se trouvait trop affermi ou trop florissant dans les Églises gallo-romaines pour que Julien, dans la situation encore critique de ses affaires, ne se sentit tenu vis-à-vis des fidèles à une grande prudence. En laissant voir dès lors le fond de ses sentiments, il eût craint de mécontenter non seulement une partie considérable de la population civile, mais même beaucoup de ses soldats ^. Aucun intérêt politique ne le pressait de s'attacher, par un acte précipité, la masse des païens, qui d'instinct sentaient en lui un ami, et se montreraient de toute façon favorables à quiconque se déclarerait contre Constance. C'est avec l'opinion chrétienne qu'il lui fallait encore compter. Aussi Ammien nous dit-il que, durant son séjour à Vienne, Julien, « afin de gagner la

1. VoirTillemont, Mémoires pour servir à Vhis(oire ecclësiastiqtie des six premiers siècles, t. VII, p. 444-458.

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