Soc rate, IV
immeubles, d^abord possédés par des temples, et sur lesquels avaient été construites des basiliques chré* tiennes ^ Une mesure plus fâcheuse, car elle ne causait pas seulement des ruines matérielles, portait le trouble au sein du clergé lui-même : par une loi ^, Julien avait ramené de force à la curie tous les ecclésiastiques que leur vocation en avait exemptés^. Outre le texte de la loi ^, on possède un des rescrits qui en assurèrent Texé* cution : c^est une lettre de Julien, réintégrant de ces exempts dans la curie de Constantinople ^. Comme la plèbe des villes était intéressée à voir un plus grand nombre de riches rendus responsables des charges publiques, et comme les riches eux-mêmes avaient avantage à ce que le fardeau qui pesait sur leurs épaules s'allége&t en se divisant, Julien se faisait ainsi facilement une popularité aux dépens du clergé chrétien. Il prêtait dans ce but Toreille & toutes les délations. Il suffisait qu'on lui dénonç&t un citoyen comme étant apte par sa fortune à devenir curiale : il ne s'inquiétait ni de son origine, ni des exemptions ou des privilèges qui militaient en sa faveur, et le faisait entrer de force dans la curie de sa ville ^. Libanius, qui approuve tout, admire cette façon d'agir, surtout quand il la voit atteindre les « impies*^. » Âmmien Harcellin, plus politique, fait
1. Ammien Marcellin, XXV, 4; Libanius, Epitaphios Juliani (Reiske, t. I, p. 564); Ep. 624; Code Théodosien, X, m, 1 ; cf. X, i, 8. — Voir le Christianisme et V Empire romain, 4* édit., p. 240-243.