‹ julien l'apostatChapitre 10 sur 229 · Voir t. I, p · texte numérisé non relu

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de paroles, » disait Julien aux habitants de cette ville !. Les sept étaient, outre Julien, le néoplatonicien Maxime, le « philosophe athénien » Priscus, le sophiste Himère, le médecin Oribase, le préfet du prétoire d'Orient Salluste et le maitre des offices Anatole. L’antiochien « habile artisan de paroles » était Libanius. Il y avait là moins une cour qu'une réunion d’amis. Cette réunion était strictement fermée. « Nous sommes ici sept intrus?, » disait encore Julien. Et il ajoutait : « Nous - vivons séparés de tout commerce ?. »

A première vue ces paroles, les sentiments qu'elles supposent, le ton même dont elles sont dites, paraissent bien étranges. On s'explique difficilement cet isolement systématique d’un souverain, vivant volontairement à part de ses sujets, et se faisant comme un désert au milieu d’une des villes les plus grandes et les plus peuplées de son Empire. On est tenté d’y voir une affectation blâmable, jointe à un manque surprenant d'esprit politique. Cesser de se méler aux hommes, ne point chercher les occasions de les connaitre ou d’être connu d’eux, éviter de les regarder et se dérober soi-même à leurs regards, est pour un prince la pire comme la plus inexplicable des attitudes. Julien, qui aimait la popularité,- au dire de ceux qui l'ont le mieux connu #, s’en excluait forcément par un tel genre de vie. Il la recherchait souvent par ses actes, mais il semblait l’écarter de parti pris au moyen de cette attitude revèche et boudeuse : il s’exposait, d’ailleurs, à se tromper dans beau-

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