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Misopogon, Hertlein, p

Mais le principal reproche que Julien adresse aux Antiochiens, c’est de ne vouloir pas reconnaitre sa bonne volonté à leur égard et les bienfaits dont il a comblé leur cité. Il rappelle, en divers endroits du Misopogon, les faveurs par lui accordées à Antioche : remise de l'arriéré des impôts !, diminution d’un cinquième sur la totalité dés contributions ?, complément de la curie par la nomination de deux cents nouveaux membres ?, attribution à la cité de trois mille lots de terres domapiales !, approvisionnement en blé 5 et (ce qu’il s’obstine à considérer comme une mesure avantageuse) taxe des denrées 6. Pour tant de bienfaits, il n’a recueilli qu'opposition, injures et sarcasmes. « J'en atteste les dieux, et Jupiter, protecteur de l’agora et de la cité, vous êtes des ingrats ?! »

Cette ingratitude mérite d’être punie. Mais Julien n’usera pas de mauvais traitements. « Pas de tête coupée, de fouet, de fers, de prison, d'amende 8. » Il châtiera les habitants d’Antioche en les privant de sa présence. « Puisqu’à vivre en sage avec mes amis je vous offre un spectacle importun et désagréable, j'ai résolu d’abandonner la ville et de vous quitter *. » Il le répéta, dans une phrase où l’on peut voir tout ensemble de la mélancolie, de la rancune et du défi : « Nous avions cru beau

. Misopogon ; Hertlein, p. 471.

. Ibid.

. Ibid. ; Hertlein, p. 475.

. 1bid. ; Hertlein, p. 479.

Ibid. ; Hertlein, p. 476.

Ibid.

Ibid.; Hertlein, p. 471.

. Ibid. ; Hertlein, p. 470;

. Ibid

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de gouverner avec une sage modération, et nous nous imaginions que ce dessein nous ferait paraitre nousmêmes suffisamment beaux. Mais puisque vous déplaisent la longueur de notre barbe, la négligence de notre chevelure, notre éloignement du théâtre, notre respect pour les choses sacrées, par-dessus tout notre zèle à juger, notre volonté de mettre un terme aux exactions du marché, bien volontiers nous sortons de votre ville !. » C'était la rupture définitive signifiée aux habitants d’Antioche.

Les contemporains paraissent avoir jugé assez sévèrement le Misopogon. Tant que Julien vécut, Les flatteurs exaltèrent cet opuscule comme un chef-d'œuvre. Mais, « dès que la pourpre cessa de protéger son auteur *, » on en aperçut les défauts et l’on en sentit l’inconvenance. Ammien Marcellin, qu'il faut sans cesse consulter si l’on veut connaître l'opinion moyenne, à la foiséquitable envers Julien et indépendante de toute coterie, appelle cet écrit « un volume d'invectives » et dit que le prince, « énumérant dans un esprit hostile les défauts de la cité, ajouta beaucoup de choses à la vérité ?. » Saint Grégoire de Nazianze est surtout frappé du manque de goût avec lequel Julien « parle de sa tempérance et raconte, comme un fait merveilleux, que jamais chez lui excès de nourriture ne causa une indigestion‘. » Il semble qu’en réunissant les jugements de ces deux écri-

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