Judex integer et severus. » Ammien Marcellin, XX VI
cite surtout sa haine pour les devins et les sorciers, qu’il poursuivit avec ardeur : il attribuait à des sortilèges un accident qui lui arriva en Syrie et lui fit perdre un œil, pendant qu'il se dirigeait vers Antioche avec les députés du sénat !. Un autre de ceux-ci, Octavius, fut nommé proconsul d'Afrique. Venustus, le père de Nicomaque Flavien, devint vicaire d'Espagne. Enfin Julien promut Aradius Rufinus à ia dignité de comte d’Orient, que la mort de son oncle venait de laisser vacante?. Malgré son engouement pour les magistrats improvisés, pour les rhéteurs ou les philosophes élevés subitement aux fonctions administratives, Julien sentait probablement la nécessité de confier à un administrateur de carrière un gouvernement aussi considérable que celui de l’Asie romaine.
Délivré d’un souci réel par cet acte de sagesse, Julien poussait avec une ardeur croissante les préparatifs de l'expédition de Perse. Ilachevait de concentrer à Antioche et faisait manœuvrer sous ses yeux une partie de ses troupes, donnait au reste, réparti dans les garnisons d'hiver, les instructions en vue d’une mobilisation prochaine, et attendait avec impatience que les chantiers établis au bord de l’Euphrate aient mis à flot la flotte de transport et la flotte de guerre qu’à l’imitation de Trajan il faisait construire en vue de la navigation sur les fleuves et les canaux du pays ennemi.
Cependant, si avancée que parût la préparation de la guerre, la paix était encore possible. Il ne tenait qu'à Julien de traiter, et, dit-on, avec avantage. À en croire Libanius, l’état où la mort de Constance laissa l'Orient