Ibid
2. Ibid. — Sur Aradius Rufinus, voir Sievers, Das Leben des Libanius, p. 273-274.
romain avait d'abord exalté l’orgueil des Perses. Ils se voyaient déjà conquérants de la Syrie et maitres d'Antioche. Mais la rapidité avec laquelle Julien prit possession du pouvoir impérial, sa grande renommée militaire, brisèrent vite ces espérances. Au lieu de songer à l'invasion des provinces romaines, le roi sassanide trembla de voir l'offensive hardie de Julien le chercher dans ses États. Il sentit qu’à la tactique expectante de Constance, à un courage réel, mais sans élan et sans entrain, allait succéder cette marche en avant, cette incursion immédiate en territoire ennemi, qui avait dompté par la terreur les peuplades du Rhin. Il ne vit plus de salut que dans une négociation pour la paix. Vers la fin de 362, il écrivit à Julien pour lui demander de recevoir ses ambassadeurs.
Prèêter l'oreille à ces propositions eût sans doute été sage. L'histoire cite plus d’une armée romaine allant se perdre dans les sables de la Mésopotamie ou de l'Assyrie : et l’on sait la terrible vengeance que le premier Sapor avait tirée de Valérien. La matière ne manquait pas à un traité. Il semble qu'il y eût, entre les Romains et les . Perses, assez de territoires vagues, sans cesse disputés, pris et repris, jamais assimilés, pour former entre leurs deux ambitions une barrière naturelle, si de part et d'autre on avait une fois la volonté sincère de la respecter. Mais s’accorder avec Sapor eût été pour Julien l’abandon d’un rêve longtemps caressé, le plus cher de ses rèves après celui de la destruction du christianisme. La fièvre belliqueuse l'avait ressaisi. « Il était, dit Ammien, dévoré de l’ardeur de combattre, d’abord parce que, maintenant fatigué du repos, il n’aspirait plus qu’au