‹ julien l'apostatChapitre 113 sur 229 · Libanius, £pitaphios Juliani · texte numérisé non relu

Libanius, £pitaphios Juliani

3. « Tisdem diebus nuntlialum est ei per lilleras Romæ super hoc bello libros Sibyllæ consultos, ut jusserat, imperatorem eo anno discedere a limitibus suis aperto prohibuisse résponso. » Ammien Marcellin, XXII, 1.

4. Sur la manière de consulter les livres sibyllins, voir Les Dernières per-séculions du troisième siècle, 3° éd., p. 23%, note 1.

son départ. Quand tous les préparatifs eurent été achevés, il donna l’ordre de marche. Les troupes, tant d'Antioche que des diverses garnisons où elles avaient été établies pour l'hiver, furent averties de se mettre en route, pour se trouver réunies à Hiérapolis, près de l'Euphrate!. L'opération devait être faite avec autant de célérité que de secret. Il importait à Julien d'arriver sur le territoire de l'ennemi sans que celui-ci eût l'éveil. Aussi, avant les troupes, avait-il envoyé des éclaireurs, moins pour être renseigné sur les mouvements des Perses, qui étaient encore loin de l’Euphrate, que pour garder tous les chemins par où les nouvelles de son approche eussent pu parvenir jusqu’à eux ?.

La suite des événements montrera que Julien n'avait point, avant de partir, conçu de plan d’ensemble. Il s'attendait à finir la campagne avant l’hiver*, par quelque coup d'éclat. Les événements le conduiraient, plutôt qu'il n’essaierait de les conduire et de les prévoir. Fondre sur le pays ennemi, pousser hardiment sa pointe en avant, surprendre par la promptitude de son arrivée et par la brusquerie de son attaque, telle avait été sa tactique au milieu des forêts de la Germanie ou dans les plaines de la Campine. Il se figurait que, grâce à la vaillance personnelle et à la bravoure de ses troupes, les mêmes moyens, qui étaient d’un partisan plus que d'un général, vaincraient encore sur les bords du Tigre. Peutêtre l'habitude qu'il avait eue jusqu'à ce jour de combattre des tribus barbares, intrépides mais indisciplinées, portant sur les champs de bataille leur turbulence et

>. Ammien Marcellin, /. c.; Julien, Ep. 27; Hertlein, p. 519. 3. Ammien Marcellin, XXII, 2.

leur indépendance natives, et aussi promptes au découragement qu'à l'enthousiasme, avait-elle peu préparé Julien à lutter contre toutes les ressources d'un vaste Empire, protégé par des places fortes, gouverné par un seul monarque, défendu par des armées régulières, et au milieu duquel la guerre pourrait durer longtemps, parmi des fortunes diverses.

A défaut d’un plan de campagne concerté d'avance, et qui lui eût permis de faire mouvoir avec précision toutes les parties de l’instrument excellent qu'il avait préparé, armée, flotte de transport, flotte de combat, machines de siège!, équipages de pontonniers, Julien avait-il préparé les alliances sans lesquelles il est difficile d'entreprendre avec succès une grande guerre? Il semble avoir montré, sur ce point encore, peu de prévoyance. Ce n’est pas que les occasions lui aient manqué. Confiantes dans son habileté et croyant à ses victoires, beaucoup des tribus indépendantes qui, au nord et au sud, avoisinaient la Perse lui avaient fait des offres de concours?. Toujours il les avait poliment éconduites. Le sens imvariable de ses réponses avait été celui-ci : « Il n’est pas de la dignité de l’Empire de recourir à un secours étranger, et de se faire des amis et des alliés qu'il serait peutêtre obligé un jour de payer par des subsides ?. » Ammien admire « cette belle confiance; » mais une politique plus réaliste l’eût peut-être jugée imprudente. Constance,

1. Voir la description de ces machines dans Ammien Marcellin, XXIII, 4.

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