Libanius, De Vila; Reiske, t. I, p
comme étaient les habitants d’Antioche f. » Libanius, qui connut beaucoup cet Alexandre, confirme le témoignage d'Ammien : dans une lettre à Julien lui-même il peint le caractère àpre et cruel du nouveau gouverneur, qui tout de suite terrorisa Antioche et de la ville brillante et joyeuse dont s’irritait Julien fit « une ville spartiate ?. » C'était bien ce que voulait Julien, surtout quand Alexandre tourna cette dureté contre les chrétiens. IL employait tous les moyens pour les contraindre à sacrifier. Libanius, toujours prèt à plaider la cause des malheureux, et qui avait, à plusieurs reprises, recommandé à Alexandre la modération envers les villes de sa province #, vit le caractère immoral et tyrannique de cette propagande. « Sois zélé envers les dieux, écrivait-il à Alexandre, et accrois autant que tu pourras le nombre de leurs adorateurs. Mais ne t’étonne pas s’il s’en trouve qui, après avoir sacrifié, regrettent ce qu’ils viennent de faire. En public ils t’obéissent : de retour chez eux, leurs femmes, les larmes, la nuit les conseillent autrement. » Et comme un de ceux-là, Eusèbe, était menacé d’une condamnation : « Il vient, continue Libanius, de s'échapper des chaïnes et des mains des soldats, et de se réfugier chez moi. Déclare qu'il est libre, ou viens l’arracher de ma maison. Et, si tu choisis cette dernière alternative, sache que tu ne me trouveras pas plus lâche qu'Admète #, »
Ce choix extraordinaire, et probablement sans précé-
. Ammien Marcellin, XXII, 2.
. Libanius, Ep. 722.
. Libanius, Æp. 1448, 1450.
- Libanius, £p. 1059. — Sur l'allusion à Admète, voir Thucydide, I, 136, 137.
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dent, d'un magistrat capable, non de bien gérer sa charge, mais de rendre malheureux ses administrés !, montre combien était tenace et profonde la rancune de Julien contre les habitants d'Antioche. Ceux-ci, le voyant partir, craignirent d’autres effets encore de sa colère. Ils se souvinrent de la menace contenue dans le Misopogon. La présence d'une cour, même aussi peu luxueuse que celle de Julien, est toujours une source de profits pour une ville : ils craignirent d’en être privés à l'avenir. Ils redoutèrent de voir transféré à une autre ville ce rang de capitale de l'Orient que leur cité occupait sinon officiellement, du moins en fait, et qu'avait consacré la longue résidence de Constance. Aussi essayèrent-ils de réparer leurs fautes par les hommages dont ils entoureraient son départ. Quand il sortit de la ville, le 9 mars, par un radieux soleil de printemps ?, une foule énorme lui fit cortège. On lui souhaitait à grands cris un prompt et glorieux retour. On le suppliait de s’apaiser et de regarder Antioche d’un œil favorable. Mais lui conservait un air sévère ?. Un incident récent, sur lequel nous manquons de détails, venait de porter au comble son mécontentement. Il n'avait pu, avant de partir, offrir un sacrifice. « Je sais pourquoi, dit Zosime, mais je ne veux pas le dire #. » Cette singulière réticence de l'historien païen permet de supposer soit quelque em-
1, Saint Grégoire de ‘Nazianze pense peut-être à cette nomination, quand il reproche à Julien « des gouvernements de provinces livrés non aux plus équitables, mais aux plus inhumains, » où àè tv Evo dpyai où toïc émuerxeotatorc, aAX Toïs amavÜpwmorators Eveyetsitoyro. Oralio V, 19.