Apricante cœlo
4, Zosime, II.
pêchement de mauvais présage, qui aurait assombri Julien, soit quelque opposition de parti pris, qui l'aurait exaspéré. En tout cas, les citoyens d’Antioche portèrent le poids de sa mauvaise humeur. A toutes leurs prières il répondait durement : « Jamais vous ne me reverrez. La campagne terminée, je me rendrai en Cilicie par le plus court chemin, et je m’établirai à Tarse pour l'hiver : déjà j'ai donné à Memorius, préfet de la province !, l’ordre d’y préparer ma demeure ?. » Il disait encore : « Je fuis une ville remplie de toute espèce de vices, d'injure, de turbulence, d’impiété, d'avarice, d’audace, Je condamne ses mœurs et je me tourne vers une plus petite 3. » Repoussé par ces dures paroles, le peuple finit par se disperser : seuls les sénateurs, en grand nombre, persistèrent à accompagner Julien, afin de lui présenter de nouveau les doléances de la ville à la première étape. Avant de le suivre nous-même sur le chemin qui l'emporte loin d’Antioche, il nous faut relater un bruit qui, après son départ, courut dans les milieux chrétiens. On raconta que des cadavres avaient été trouvés dans l'Oronte, soit de chrétiens secrètement égorgés, soit de victimes humaines immolées aux dieux. Dans des chambres écartées du palais, disait-on, dans des puits, dans des fosses, furent rencontrés des débris de corps de jeunes garçons et de jeunes filles, qui avaient été mis à
1. Sur Memorius, voir Julien, Oratio VII; Hertlein, p. 223. C'était un des correspondants de Libanius, Æp. 1444.
2. « Loquebalur asperius, se esse eos asserens postea non visuros. Disposuisse enim aiebat, hiemandi gralia per compendiariam viam, consummato procinctu, Tarsum Ciliciæ reversurum : scripsisseque ad Memorium præsidem, ut in eadem urbe cuncta sibi congrua pararentur. » Ammien Marcellin, XXII, 2.