Cf. saint Paul, I Cor., x
ait été non plus prononcée en public. La rapidité avec laquelle se précipitèrent les événements retira vite leur à-propos et leur utilité aux deux compositions sur lesquelles s’exerça la rhétorique laborieuse et la sincère bonne volonté de l’excellent sophiste.
De Litarbe, Julien se rendit à Bérée. Un peu avant d'entrer dans cette ville, il vit un jeune homme venir à lui en suppliant. C'était le fils du principal magistrat de Bérée. Le jeune homme, par entrainement, faiblesse ou ambition, s'était fait récemment païen. Son père, qui était un chrétien zélé, l’en avait puni en le chassant de sa maison et en le déshéritant. Julien fit bon accueil au suppliant, et lui promit d’apaiser la colère paternelle. Julien raconte lui-même son séjour à Bérée, dans une lettre, véritable relation de voyage, adressée à Libanius. Dans cette ville, dit-il, « Jupiter nous montra tous présages favorables. J'y séjournai un jour entier : je montai à l'Acropole, et j'immolai un taureau à Jupiter, selon le rite royal. J'eus ensuite quelques moments d’entretien avec le sénat sur les affaires de religion ?. » Cet entretien eut lieu dans un festin, où Julien avait convié tous les décurions $. IL avait fait asseoir l’un près de l’autre, sur le lit où lui-même était assis, le président du sénat et le fils déshérité. Au milieu du repas, il dit au père : «Il me semble qu'il n’est pas juste de contraindre l’inclination de personne. Laisse à ton fils la liberté de suivre une autre religion que la tienne, comme je vous laisse: la liberté de suivre une autre que la mienne, bien qu’il