‹ julien l'apostatChapitre 13 sur 229 · Ibid. ; Hertlein, p · texte numérisé non relu

Ibid. ; Hertlein, p

les gens d’Antioche. Il y voyait la marque de cette philosophie, qui le mettait à part et au-dessus d'eux. La garder lui paraissait non seulement son droit, mais encore l'affirmation de sa puissance. C’est avec un vif chagrin qu'il avait été, en devenant César, contraint de la laisser tomber sous les ciseaux des barbiers de Constance !. Les médailles de cette époque le montrent imberbe. Même après 360, celles qui sont frappées en Gaule continuent à le représenter sans barbe. On le retrouve ainsi jusque sur les monnaies émises à Sirmium et à Constantinople. Mais les pièces datées d’Antioche lui donnent une longue barbe ?. Il semble avoir laissé croitre celle-ci, à mesure que s’affermissait son pouvoir et que se développait son rôle de réformateur religieux. De là le prix qu'il y attachait, et l’obstination avec laquelle il bravait par elle et pour elle la délicatesse syrienne. Dans la pensée de Julien, sa barbe était un symbole.

La mauvaise humeur que l’affectation de Julien à ne pas leur ressembler causait aux habitants d’Antioche les empêchait d’apercevoir ses vrais mérites. Quand ils l’entendaient vanter lui-même ou faire vanter par ses amis la pureté de ses mœurs, qu'il opposait à la licence trop répandue dans leur ville, ils oubliaient d'admirer ce que cette abstention des plaisirs sensuels supposait de vertu chez un homme jeune, libre de tout lien et in-

1. Voir t. I, p. 351. — 2. Cohen, Descriplion historique des monnaies frappées sous l'Empire romain, t. VI, p. 360-363; Eckhel, Doctrina numm. vet., t. VIII, p. 133. — 3. Le symbole de la philosophie cynique; voir les textes de Diogène, de Musonius, de pseudo-Lucien, d'Épictète, cités par Colardeau, Étude sur Épictèle, p. 129-130. — 4. Julien, Misopogon; Hertlein, p. 445; Mamertin, Gral. aclio (Paneg. vel., 1604, p. 168); Libanius, Ad Julianum consulem.

vesti de tout pouvoir. Ils ne songeaient pas que sil excluait du palais «les danseurs, les mimes, les joueurs de flûte et de cithare !, » le temps ainsi gagné par lui était employé à de sérieuses études, dont beaucoup, sans doute, étaient inspirées par la vanité littéraire mais dont aussi d’autres avaient pour objet le bien public. Ils ne faisaient pas réflexion que s’il comparait avec une complaisance parfois blessante leur amour de la bonne chère et son abstinence philosophique ?, c'était peut-être « sa sobriété habituelle qui lui permettait d’écourter le sommeil %, » de consacrer au travail de l'esprit les premières veilles de la nuit, et ensuite de « chanter encore avec les coqs, » selon l'expression de Libanius #, c’est-à-dire de se remettre au travail avant le lever du jour. Ils se montraient surtout injustes en ne reconnaissant pas que, s’il refusait de rester assis longtemps au cirque, devant l’inutile spectacle des cochers et des athlètes, s’il laissait voir son ennui pendant les banquets officiels, il ne trouvait jamais trop longues les heures passées dans son cabinet à lire, à écrire, à s'occuper d’études où d’affaires, ou sur son tribunal à entendre les plaideurs. Tel il s'était montré en Gaule, aussi infaligable que scrupuleux dans l'administration

de la justice 5, tel, au rapport d’Ammien Marcellin, il fut à Antioche.

Ammien loue l'équité de ses sentences. Il punissait, même de la peine capitale, ceux qui l'avaient mérité:

{. Libanius, {. c.

2. Julien, Misopogon. ; Hertlein, p. 438, 441. 3. Libanius, Ad Julianum consulem.

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