Théodoret, III
5. La seconde à contre elle cette remarque d'Ammien, que Procope, malgré son aspect farouche, n'était pas cruel : « et quod est mirandum, quoad vixerat, incruentus. » Ammien Marcellin, XX VI, 9. 1] y a lieu aussi de rappeler cette remarque de Le Beau (Histoire du Bas Empire, éd. 1819, t. 1, p. 136) : « On ne trouve rien (de cette anecdote) dans saint Grégoire de Nazianze, qui, dans les reproches de cruauté qu'il lance avec tant de force contre Julien, n'aurait eu garde de passer sous silence un fait si atroce. »
6. J'emprunte une autre note à l’article Julianus, de Wordsworth, dans le Dictionary of christian biography, t. WI, p. 514. « La critique de l'anecdote (rapportée par Théodoret) n’est pas très facile, Dans l’état présent de nos renseignements, et d'après l'affirmation de M. Sayce, il pa-
Le séjour à Carrhes fut triste. Julien y souffrit d’insomuies. Il vit dans ce mal un funeste présage. Les haruspices ou les devins furent interrogés. Le 18 mars, ils firent, dit-on, cette réponse : « Que l’on prenne garde à demain. » Quelques jours plus tard, on apprenait que, le 19 mars, le temple d’Apollon Palatin avait, à Rome, été détruit par le feu : c’est à grand’peine que les livres sibyllins purent être sauvés des flammes |.
Les préoccupations superstitieuses n'empêchaient pas Julien de remplir son devoir de soldat. Il préparait l’ordre de marche et le service des approvisionnements, quand des éclaireurs, revenant à toute bride, annoncèrent que les Perses commençaient à faire le dégât sur les terres des Romains?. « Ces nouvelles Jui arrivèrent, dit Zosime, au moment où il délibéraït sur le chemin qu'il devait prendre : irait-il par le Tigre et par Nisibe, ou par l'Euphrate et par Circesium ?? »
rait que le culte de la déesse Lune, la Sin assyrienne, n’était pas à Carrhes, ou méme ailleurs, accompagné de sacrifices humains. Nous lisons cependant, dans beaucoup d'auteurs, qu'aux environs de cette ville des sacrifices humains étaient offerts, probablement à Mercure, dans un but de divination (Chwohlsohn, Die Ssabier ; cf. Düllinger, Heidenthrum und Judenthum, p. 403-404). Il n’est pas absolument impossible que Julien ait accompli un « rite local » de cette sorte : il est certain qu'il fit, au nom de la religion, bien des choses qui, en toute autre circonstance, eussent répugné à son caractère. D'autre part, l’anecdote nous est venue par un auteur relativement récent, et de peu de critique : elle peut avoir été inventée ad invidiam, à cause des coutumes locales qui la rendaient vraisemblable, Je pense donc que l’histoire ne doit pas être absolument rejetée, mais qu'on ne peut la considérer comme prouvée d’une façon décisive. » On peut ajouter que, au cas où le récit de Théodoret serait exact, il peut y avoir eu dissection superstitieuse d'un cadavre, sans qu'il y ait eu assassinat ou sacrifice humain.
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