‹ julien l'apostatChapitre 134 sur 229 · EE © LD · texte numérisé non relu

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drait toujours prêt à donner la main à Julien, si celuici, arrivé à la jonction de l'Euphrate et du Tigre, avait besoin de secours. |

Cette fois, un plan se dessinait : des circonstances fortuites l’avaient fait naître : autant qu'il est possible d'en juger maintenant, il acquérait d'elles l'ampleur et la précision qui avaient fait défaut au début. La brusque incursion sur le territoire des Perses devenait une invasion méthodique. C'était, en sens inverse, le plan de Trajan : prenant pour lui le rôle que julien confiait à ses lieutenants, l’empereur du second siècle était entré par le haut Tigre, avait soumis l’Adiabène, conquis Ninive et l’Assyrie, et rejoint sa flotte, qui, elle, avait descendu l’Euphrate pour passer dans le Tigre en face de Ctésiphon.

Avant de se séparer en deux corps, l’armée de Julien comptait soixante-cinq mille hommes?. C'était, dit-on, la plus nombreuse que jamais empereur romain ait menée contre les Perses. Du sommet d’une colline, Julien la passa en revue?. Puis il partit de Carrhes, le 25 mars. Toujours occupé de donner le change à l'ennemi, il feignit de suivre lui-même la direction du * Tigre, où il avait ostensiblement fait préparer ses étapes # : mais, laissant Procope et Sébastien s'éloigner par

1. « Præceperat ut intra Tigridim interim agerent, vigilanter omnia, servaturi, ne quid inopinum ex incauto latere oriretur.…., mandabatque eis ut, si fieri potius posset, regi sociarentur Arsaci : cumque eo per Corduenam et Moxænam, Chiliocomo uberi Mediæ tractu, partibusque aliis præstricto cursu vaslatis, apud Assyrios adhuc agenti sibi concurrerent, necessitatum articulis adfuturi. » Zbid.

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