‹ julien l'apostatChapitre 135 sur 229 · Zosime, IL · texte numérisé non relu

Zosime, IL

4. « Quod iter etiam re cibaria de industria jusserat instrui. » Ammien Marcellin, XXII, 3.

ce chemin avec leurs troupes, il infléchit brusquement à droite, emmenant le gros de l’armée, dès que la nuit couvrit son mouvement. On campa jusqu’au matin. Le jour levé, Julien demanda un cheval. Celui qu’on lui amena s'appelait Babylone. Pris d’un mal subit, l’animal s'abattit, semant autour de lui l’or et les pierreries de son harnais. « Babylone est par terre, dépouillée de tous ses ornements, » s’écria Julien, au comble de la joief. On prit le temps d'offrir un sacrifice, afin d'obtenir des dieux la confirmation de cet heureux présage. Puis on se mit en route, pour s'arrêter à Davanne. C'était un de ces postes fortifiés?, que l’Empire entretenait sur ses frontières. IL était situé sur le Bélias, un des affluents de l'Euphrate. L'armée s’y reposa pendant une journée.

Le lendemain, on partit pour Callinicum, grande ville cornmercante*, assise au confluent du Belias et de l’Euphrate et munie d’excellents remparts #. Julien y arriva le 27 mars, jour consacré à la Mère des dieux. Sans doute il songea avec regret à la procession célèbre qui se faisait alors à Rome, et quil n'avait jamais vue : sa pensée se représenta les grands et le peuple de la ville éternelle conduisant en pompe, sur un char, le simulacre de la déesse jusqu’au ruisseau de l’AImone, pour le bain sacré. La mention qu’en fait Ammien en cet endroit montre que ce souvenir revint alors à plus d’un païen de l’armée, et que des rives

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. Ibid.

. QCastra præsidialia. » Ibid.

. « Commercandi opimitate gratissimum, » Jbid. . € Munimentum robustum. Jbid.

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lointaines de l’Euphrate bien des regrets volèrent jusqu'aux bords du Tibre!. Ne pouvant honorer la déesse par de semblables cérémonies, Julien se contenta de célébrer sa fête « à la manière antique?, » c'est-à-dire probablement par un sacrifice. Il dormit bien la nuit suivante, et se réveilla joyeux. Dès l’aube, il se remit en route, longeant le bord du fleuve, et « des rivages élevés admirant l'abondance de ses eaux?. » IL arriva jusqu’au lieu où avait été dressé son camp. Il y reçut, sous la tente, plusieurs chefs de tribus sarazines, qui venaient lui offrir une couronne d’or. Abandonnant, vis-à-vis des Barbares, sa simplicité accoutumée, lui qui ne souffrait pas, ordinairement, qu’on l'appelât « seigneur#, » consentit à ce que ceux-ci « l’adorassent à genoux, comme le maitre du monde®. » Il répondit à leurs hommages par de gracieuses paroles, et commanda que les contingents qu’ils avaient amenés fussent joints à l’armée, pour y faire le service d’éclaireurs et surtout de maraudeursé. Pendant qu'il parlait aux princes sarazins, on vint dans sa tente lui annoncer l’arrivée de la flotte, commandée par le tribun Constantin et le comte Lucilien. Celle-ci descendait orgueilleusement l'Euphrate, « dont elle remplissait le vaste lit, » forte de mille navires de transport, construits en bois ou en cuir, chargés de vivres, d'armes, de machines de guerre, cinquante galères armées pour le com-

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