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armée, avec tous les équipages et les convois qui la suivaient 1, devait traverser l’Abora. Pendant ce séjour, il reçut une lettre de son collègue dans le consulat, Salluste, préfet des Gaules. Ce haut fonctionnaire, qui partageait l'avis de tous les gens sages de l'Occident, et qui connaissait mieux que tout autre les défauts comme les qualités de Julien, lui écrivait avec tristesse et inquiétude ?. Il le suppliait de renoncer, pendant qu'il était temps encore, à l'expédition de Perse. « I] l’adjurait de ne pas marcher, à contretemps, et malgré la volonté des dieux, à une mort certaine ?. » Mais Julien, plus confiant que jamais, ne tint aucun compte des conseils de ce fidèle ami. Quand il eut, le dernier, passé le pont jeté sur la rivière, il ordonna de le rompre aussitôt, afin que personne dans l’armée n’eût l’idée d’un retour possible en arrière. « Nulle force ou nulle sagesse humaine, écrit le fataliste Ammien, ne peut retenir un homme qui marche où l’appelle sa destinée . »
L’Abora franchi, on était en territoire persan 5.
1. « Exercitus et omnes sequelæ. » Ammien Marcellin, XXII, 5. 2. « Litteras tristes. » Jbid.
3. «.….. Orantis suspendi expedilionem in Parthos, obtestantisque ne ita
intempestive, nondum pace numinum exorata, irrevocabile subiret exitium. » Zbid.