Zosime, III
3. Différent de l'historien Aurelius Victor, que Julien avait fait en 361 consulaire de la Seconde Pannonie (Ammien Marcellin, XXI, 10).
il les fit renvoyer, en disant que ce luxe n'était pas bon pour des soldats, et que lui-même ne voudrait pas d’autre ordinaire que celui d’un soldat !. La flotte marchait de concert : malgré les nombreuses sinuosités du fleuve, elle devait se tenir toujours au niveau de l’armée, sans la devancer ni rester en arrière?.
On s’avanca dans ce bel ordre jusqu’à Dura, où l’on parvint en deux jours. Ce n’était plus qu'une cité en ruines, dont les édifices abandonnés, restes de l’occupation macédonienne, s’élevaient au bord de l’Euphrate. Mais, dans ces parages déserts, Les soldats eurent la joie de rencontrer, errant librement à travers les solitudes, d'immenses troupeaux de cerfs. Beaucoup furent tués à coups de flèches, d’autres, qui s'étaient jetés dans l’Euphrate, furent assommés à coups de rame par les matelots : un grand nombre, cependant, passèrent le fleuve à la nage, échappant à toute poursuite. Pendant deux jours, l’armée romaine se nourrit de viande de cerf.
Après quatre autres journées de marche, l’armée se trouva à la hauteur d’une ile de l’Euphrate, sur laquelle s'élevait la puissante forteresse d’Anathan. Julien manda, dans la soirée, le comte Lucilien, qui recut l’ordre d’embarquer mille soldats, et de profiter des ténèbres pour investir l’île. Au point du jour, un Persan de la garnison, qui était sorti pour puiser de l’eau, vit l’île et la forteresse complètement entourées de navires romains. Ses cris éveillèrent ses camarades, qui s’armèrent à la hâte. Pendant, ce ternps, Julien, d’un point élevé du rivage, observait les ouvrages ennemis. Puis il s’em-