‹ julien l'apostatChapitre 148 sur 229 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

4. Libanius, Epitaphios Juliani; cf. Rufus, Brev., 28 : « ni major prædarum occasio fuisset quam cura victoriæ. » Eunape, fr. 22 (Müller, p. 23), dit que l’abondance du butin fait dans les faubourgs de Ctésiphon, amollit l’armée.

armée passa le fleuve le lendemain, sans êlre inquiété. Le surlendemain, Julien fit la traversée !. Une fois arrivé au camp que ses troupes occupaient devant Clésiphon, son premier soin fut de distribuer les récompenses. Comme tous les grands généraux, il se faisait gloire de connaître par leur nom ses soldats, et d'être renseigné sur leurs actions. C’est donc avec discernement, et en parlant à chacun, que, suivant la nature de leurs exploits, il décerna aux plus méritants des couronnes militaires, des couronnes navales, ou des couronnes civiques?. Ce devoir rempli, il voulut rendre grâce aux dieux, et particulièrement à « Mars vengeur, » le dieu de la guerre et de la victoire.

Alors se produisit un épisode que l’on hésiterait à croire, s’il n'avait pour garant Ammien, témoin oculaire et narrateur impartial. Julien s’y montre non seulement superstitieux à l'excès, ce qui n’étonnera personne, mais encore bien peu maitre de son humeur : il semble offrir des indices de dérangement d'esprit. Dix superbes taureaux avaient été conduits, pour être immolés au dieu. Neuf tombèrent morts avant d'arriver à l'autel, et sans que personne les touchât. Le dixième, en se débattant, rompit ses liens et s'échappa : on le reprit à grand’peine : quand il eut été sacrifié, ses entrailles montrèrent des signes funestes. Julien ‘se mit en colère, poussa des cris d’indignation, et prit Jupiter à témoin qu'il n'offrirait plus jamais de sacrifice à Mars. « Il tint son serment, dit Ammien avec mélancolie, puisqu'il ne tarda pas à mourir, »

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