Amico nobis semper et fido. » Ammien Marcellin, XXV
admettre, c’est qu’il préférait piller pour son compte, sans trop s'écarter de ses États, qui, dégarnis de troupes, auraient été ouverts aux incursions des Perses. Mais il fit certainement du mal à ceux-ci, car ils conservèrent de ses actes un vif ressentiment, et s'en vengeront cruellement plus tard !. Quant à Procope et à Sébastien, Libanius dit qu'ils avaient d’abord hésité à franchir le Tigre, en voyant des archers persans tuer, de la rive opposée, des soldats romains qui se baignaient dans le fieuve. Depuis ce moment, la discorde les avait paralysés, l’un voulant aller néanmoins en avant, l’autre refusant de bouger *. Leur inaction était d'autant plus fâcheuse, que l’armée restée sous leurs ordres avait d'abondantes réserves de vivres ?, tandis que celle de Julien, désormais sans approvisionnements, en présence de campagnes couvertes de cendres, commençait à redouter la disette.
Julien cherchait par tous les moyens à soutenir le courage de ses soldats. IL fit amener à leur vue des prisonniers persans, chétifs comme presque tous les hommes de ce pays #, et amaigris par les privations. «Ceux que des braves comme vous appellent deshommes, les voici, dit-il, laids, sales, noirs comme des chèvres, et toujours prêts, l'expérience vous l’a maintes fois déjà montré, à prendre la fuite en jetant leurs armes avant