‹ julien l'apostatChapitre 162 sur 229 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. « Sedit tamen sententia, ut omni spe meliorum succisa, Corduenam arriperemus.» 1bid. Cette parole d’un témoin montre combien se trompe Eunape en attribuant la retraite de Julien à un plan arrêté d'avance et à un dessein préconçu : 6 dè twv &ë &pxñc ÉpOUEVOs Aoytopuv Ent Tv oixeiav aveorpegev. Continuation de l'Histoire de Dexippe, fr. 22; Müller, Fragm.

hist. græc., t. IV, p. 23.

© 4. Il s’agit probablement de la Diyalah, grand cours d’eau qui rejoint le Tigre en aval de Bagdad.

poussière parut à l’horizon. On eût dit une grande fumée qui s'agitait au gré du vent. Les bruits les plus divers coururent aussitôt. C’est la poudre soulevée par un de ces troupeaux d’ânes sauvages, comme il y en a tant dans le pays, qui émigrent en lignes compactes afin de se garantir de l'attaque des lions, disaient les uns. Ce sont, répondaient les autres, les Sarazins alliés, qui, nous croyant occupés au siège de Ctésiphon, accourent à notre aide. Mais, de plusieurs côtés, on déclarait que c’étaient les Perses, venant en grande masse pour s'opposer à la marche des Romains. Dans l'incertitude, Julien fit sonner l'arrêt. Les soldats s’établirent dans un vallon d'herbe, près de la rivière. On éleva alentour un cercle de retranchements, et l’on posa plusieurs lignes de sentinelles. Le soir tomba avant que le nuage de poussière füt dissipé. La nuit, une nuit noire et sans étoiles, fut inquiète : personne n'osait fermer les yeux, ni même s'étendre à terre. Quand l'aube se leva, les premiers rayons du soleil éclairèrent les lignes brillantes de la cavalerie persane, rangée au loin dans la plaine, sur la droite, au delà de la rivière. La poussière de la veille annonçait bien l’armée de Sapor!.

Les Romains avaient hâte de courir à l’insaisissable ennemi, qui sans cesse se montrait, les harcelait, et toujours se dérobait aux batailles décisives. Ils eussent voulu passer tout de suite le Durus. L'empereur eut grand peine à les en empècher. Ce sont quelques partis de cou-

1. Ammien Marcellin, XXIV, 1; Zosime, III. — On voit combien exagère Eunape, disant que Julien était averti « par son sens militaire ou par une inspiration divine » de tous les mouvements des Perses, et les sentait de loin comme on sent l'approche d'une tempête. Continuation de l'Histoire de Dexippe, fr. 22; Müller, Fragm. hist. græc., L. IN, p028

reurs persans qui vinrent, selon leur habitude, voltiger autour du camp. Il y eut entre eux et les avant-postes de Julien des engagements sans iniportance. Dans l’un de ces petits combats, un officier romain, Machamée, tomba grièvement blessé : son frère, Maurus, qui devint plus tard duc de Phénicie, parvint à l’arracher à demi mort des mains de l'ennemi, après avoir eu lui-même l'épaule percée d’une flèche. Bien qu'épuisés par une chaleur excessive, les Romains repoussèrent vigoureusement les éclaireurs persans, qui, comme toujours, évitaient de s'engager à fond.

Sans ètre inquiétée davantage, l’armée romaine passa la rivière. Elle fut attaquée un peu plus tard par un parti de Sarazins auxiliaires, qui, d’abord mis en fuite par un mouvement de l’infanterie, revinrent accompagnés d’une multitude de Perses, et tentèrent de piller les bagages : mais ils se replièrent dès qu’ils aperçurent l’empereur. Les Romains s'arrêtèrent au bourg d'Hucumbra, voisin des villes de Nisbena et de Nischanabé, qui s'étendaient en face l’une de l’autre le long du Tigre. On trouva là une campagne fertile et d’abondantes moissons : l’armée s’y ravitailla « au delà de son espérance?, » et mit le feu à tout ce qu'elle ne put emporter. Après deux jours de repos, elle reprit sa marche, sans se presser?. Son arrière-garde fut attaquée à l’improviste, près des villes de Danabe et de Syma, par les Perses, qui l’auraient mise en déroute, si la cavalerie romaine, accourue vivement, n’eût repoussé les agresseurs en leur infligeant de grandes pertes. Dans ce combat

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