O mods Acyoc. Socrate, IIL
5. « Cui expeditioni ego quoque interfui. » Eutrope, Brev., X, 16.
6. «Hostili manu. » Eutrope, Breviarium, X, 16. — « Ab hostium obvio equite. » Rufus, Breviarium, 28. — Aurelius Victor dit aussi dans l'Epitome : « Ab uno ex hostibus, et quidem fugiente. » Mais il est douteux que l’auteur de l’Epitome, contemporain de Théodose et d’Arcadius, soit identique à l’auteur du De Cæsaribus, contemporain de Julien et appelé par lui, en 361, au gouvernement de la Seconde Pannonie, — Le con-
vient de rappeler que, dans l'opinion de ses gardes, Julien s’exposait beaucoup en poursuivant de trop près les fugitifs. On a déjà vu que les Perses, dans leur extrême mobilité, ne fuyaient jamais sans assurer et venger leur retraite en lançant sur l’ennemi des traits meurtriers. La « flèche du Parthe » était proverbiale : il est à peu près certain que c'est elle qui atteignit Julien.
Comme on pouvait s’y attendre, bien d’autres versions furent faites de ce tragique épisode. La légende naquit vite dans les imaginations surexcitées. Le bruit courut que Julien, blessé, avait supplié ses amis de le jeter dans la rivière, afin que l’armée le crût disparu mystérieusement et l’honorât comme un dieu ?. D’autres racontè-
temporain Magnus de Carrhes, qui était de l'expédition, dit seulement : étowôn &dflws, ce qu’on à traduit par : « Il fut blessé par une main inconnue, » mais ce qui me paraît signifier plutôt : « il fut blessé par surprise. » Müller, Fragm. hist. græc., t. IV, p. 6.
1. Libanius dit que le meurtrier ne peut être un soldat persan, car le roi de Perse ayant promis une récompense à celui qui avait blessé Julien, personne ne se présenta pour la réclamer. Même si l’anecdote est exacte, elle ne prouve rien, car le meurtrier peut avoir péri ensuite dans la bataille. — Une autre opinion, rapportée par saint Grégoire de Nazianze (4. c.), est que le trait fut lancé par un des auxiliaires sarazins qui servaient dans l'armée persane. — Je cite pour mémoire les récits poétiques comme celui du garde du corps Calliste, ami du préfet du prétoire Salluste (cf, Libanius, £p. 1127), qui, chantant en vers épiques les exploits de Julien, dit qu'il tomba frappé par un personnage surnaturel, üxd ôxipovos (cité par Socrate, LIT, 21), ou les récits légendaires comme celui de la Chronique d'Alexandrie, rapportant que Julien fut miraculeusement percé au flanc par le martyr Mercure. — Cette dernière légende est encore populaire à l'époque de la Renaissance : elle est mise en scène dans un drame de Laurent de Médicis, a Rappresentatione di santo Giovanni e Paolo e di santa Costansa, 1489. Voir Dufourcq, Étude sur les Gesta martyrum romains, t I, p. 402. — Les versions légendaires de la mort de Julien ont été recueillies par le P. de Buck (note sur la vie de saint Macaire, dans les Acta SS., octobre, t. X, p. 572-573) et par M. Noslitz-Rieneck (Vom Tode des Kaisrrs Julian, dans le XVI Jahresbericht des üffentlichen Privatgymnasiums an der Slella Matutina zu Feldkirch, 1906-1907, p. 1-35; analysé par le P. Delehaye, Analecta Bollandiana, t. XXVNII, 1908, P. 98-99). — 2. Saint Grégoire de Nazianze, Oralio V, 11.
. rent que Julien, en tombant, reprocha au Soleil, qui était à la fois son dieu etle dieu des Perses, de l'avoir trahi pour ces derniers !, et traita de « meurtriers ? » les autres dieux qui ne l’avaient pas défendu ?. On dit encore qu'il emplit ses mains du sang qui coulait de sa blessure, et le jeta en l’air en poussant le cri célèbre : « Tu as vaincu, Galiléen 4! » Certes, ces paroles sont bien en situation : à beaucoup de contemporains elles parurent résumer, en se complétant l’une l’autre, le drame dont le dernier acte venait de se jouer. Mais la réalité fut beaucoup plus simple. Julien, inanimé, fut en grande hâte transporté sur un brancard dans sa tente. Son médecin Oribase fit le premier pansement 5. Quand le blessé eut repris ses sens, « luttant de toute son énergie contre la mort 6, » 1l demanda des armes et un cheval : il voulait reparaître dans la bataille, ranimer le courage des soldats, etne paraissait pas douter de ses forces. Le souci du salut des autres lui cachait son propre sort 7. Mais les forces manquèrent à sa volonté : l'agitation rouvrit la blessure : un flot de sang jaillit, et Julien demeura incapable de mouvement. Perdant tout espoir : « Comment s'appelle, demanda-t-il, le lieu où je suis tombé? — Phrygie, » répondit-on : c'était une appellation locale,
1. Dans le récit donné par Jean Malala, sous le nom du chronographe Eutychien de Cappadoce, qui avait pris part à l'expédition, ce cri est mis dans la bouche de Julien : ‘Q fu, àmwhsoxs ”Iovltavéy (Malala, XIII; Migne, -Patr. graec., t. XOVII, p. 496; Mülier, Fragm. hist. græc., t. IV, p. 6), . OXetipus.