‹ julien l'apostatChapitre 175 sur 229 · Libanius, Epitaphios Juliani; Reiske, t. I, p · texte numérisé non relu

Libanius, Epitaphios Juliani; Reiske, t. I, p

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Le rève de Julien avait été de ceux qui se dissipent, non aux premiers rayons de l’aurore, mais à la lumière

de « ce terrible flambeau qu’on allume aux mourants. »

Probablement il expira avec la claire vue que tout dans son œuvre avait été factice, avec la révélation soudaine qu’elle était déjà morte avant lui.

IIï. — Le traité avec les Perses.

Ainsi périt, le 26 juin 363, à minuit, ce prince de trente-deux ans, en qui s’éteignait, après soixante-dix ans, la dynastie fondée en 292 par Constance Chlore.

A peine eut-onle temps de le pleurer. En grande hâte, son corps fut mis au cercueil, afin d’être conduit à Tarse, conformément à ses dernières volontés, si l’armée avait le bonheur de revoir la terre romaine. Mais le soin le plus pressant, c'était de trouver un chef capable de l'y ramener. Dès le matin du 27 juin, les généraux et les principaux officiers s’assemblèrent. Bien qu’on délibérat, en quelque sorte, sous les yeux de l’ennemi, les ambitions se firent jour. Tout de suite apparurent deux partis, et le débat, qui eùt dû être calme et triste, se tourna en discussions passionnées.

L'armée comptait des officiers dont les sentiments, les traditions, les intérêts n'étaient pas les mêmes. D’un côté se trouvaient ceux qui devaient leur fortune à Constance, les tenants des anciennes idées et de l’ancienne cour, Arinthée, Victoretleurs amis; de l’autre les hommes nouveaux, créatures de Julien, Nevitta, Dagalaïphe, tous ceux qui avaient fait leurs premières armes en Gaule et en Germanie sous les ordres du César et avaient été

associés à son usurpation. Chacune de ces factions cherchait à imposer un candidat. Après avoir longtemps discuté sans parvenir à une entente, on convint de réunir les suffrages sur un homme qui se rattachait au parti de Julien, mais que son caractère conciliant avait fait agréable à tous, le préfet du prétoire Salluste Second. Mais celui-ci s’excusa sur sa vieillesse et ses infirmités. Alors « un officier d’un rang honorable f, » qui pourrait bien être Ammien Marcellin, demanda que l'élection fût ajournée. « Que feriez-vous, dit-il, si un empereur vous avait chargés de diriger la guerre en son absence? ne mettriez-vous pas tout autre soin de côté, jusqu’à ce que vous ayez tiré l’armée des difficultés présentes ? Faites de même ; et s’il nous est donné de revoir la Mésopotamie, alors les suffrages associés des deux armées créeront un souverain légitime. » Mais cet avis, peut-être prudent, et à coup sûr plus digne, n'était pas de ceux qui peuvent prévaloir dans les moments de crise. On n'avait pas eu le temps de le mettre aux voix, quand un nouveau nom fut jeté par quelques-uns, et, ainsi qu'il arrive souvent, emporta les suffrages moins à cause de la valeur personnelle du candidat improvisé qu'en raison de la lassitude de tous. Jovien, chef des domestiques, c’est-à-dire commandant des gardes du palais, fut proposé et acclamé. L'armée, qui se préparait déjà au départ, l'accepta sans objections comme sans enthousiasme. Il y en eut qui, trompés par la désinence du nom, crurent que l’on proclamait Julien, revenu à la santé. Et ce fut, dit-on, un désappointement pour beaucoup, quand on vit apparaitre, sous un vêtement de pourpre qu'on avait eu

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