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Ibid

JULIEN L'APOSTAT. — JIl. 19

romaine était maintenant aguerrie et acclimatée, qu’elle brülait du désir de venger son empereur mort, et qu’elle tenterait quelque bataille désespérée, d’où sortirait pour elle la victoire définitive ou le complet désastre!. IL croyait à l’arrivée prochaine de l’armée de secours, demeurée intacte dans la Haute Mésopotamie, et dont la vue achèverait de démoraliser ses propres troupes, que leurs pertes avaient déjà découragées?. Mais, sans laisser voir les craintes que lui prête ici Ammien, il avait ordonné à ses plénipotentiaires de tenir aux Romains un langage hautain, de les traiter déjà en vaincus, et de leur offrir les conditions les plus dures.

« Les restes de l’armée, » dirent le suréna et son collègue, seront « par humanité » autorisés à se retirer, si l’empereur et les chefs acceptent les clauses « imposées » par « le très clément roi. » Ces clauses étaient l’abandon de toute la haute vallée du Tigre, c’est-à-dire des cinq provinces, l’Arzanène, la Moxène, la Zabdicène, la Réhimène et la Corduène, conquises en 297 par Galère, plus la cession de quinze places fortes en Mésopotamie, parmi lesquelles les villes de Singare et de Nisibe et un château appelé le camp des Maures. C'était, pour ainsi dire, le démantèlement de la frontière de l'est, désormais ouverte aux Perses. Une autre clause pouvait paraitre plus humiliante encore : l'abandon du seul allié que l'Empire conservât dans ces régions ; les Romains s'interdiraient de secourir Arsace, en cas de guerre des

1 Ammien Marcellin, XXV, 7.

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