Voir plus haut, p
5. «Necessarium quidem, sed ignobilem. » Eutrope, Brev., X, 16.
seul la responsabilité d'une capitulation devenue la condition forcée du retour de l’armée !. Si ce fut, selon le mot d’Ammien, « un traité déshonorant?, » une large part de ce déshonneur doit peser sur la mémoire du prince qui le rendit inévitable par une guerre entreprise contre le sentiment d’un grand nombre de ses sujets, et, malgré la brillante valeur personnelle du chef et de ses troupes, beaucoup moins bien conduite que les expéditions semblables de Trajan, de Septime Sévère et de Carus “.
1, Quelle que soit la partialité de saint Grégoire de Nazianze, il semble que le jugement trop absolu d’Ammien Marcellin trouve encore un utile correctif dans un passage du second discours contre Julien, où l'orateur chrétien exprime des idées contraires avec le calme et la précision d’un historien. Jovien, dit-il, « ne pouvait plus ni en venir aux mains avec les Perses, ni marcher en avant. Comme il ne manquait ni de courage ni de magnanimité, il chercha, bien que le soldat eùt également brisées les forces et les espérances, à ramener l’armée, et s’efforça d'y parvenir, puisqu'il était devenu l'héritier non d'un empire, mais d’un désastre (où Baouheius, aXN frrnc yeyov®c xAnpovégoc). Si les Perses, se montrant modérés dans la victoire (c’est une loi chez eux de porter modérément le succès), ou éprouvant quelque crainte de ce qu'ils entendaient dire, n’avaient pris l'initiative de propositions vraiment inattendues et humaines, de l’armée il ne serait pas, comme on dit, resté un porte-feu (mupoépov) : tant les Perses la tenaient entre leurs mains, combattant sur leur propre terrain, et exaltés par les résultats déjà acquis. Lui, comme je l'ai dit, ne pensail qu’à sauver l'armée, et à conserver une force aux Romains (rà vedpa Pœyaot brokretv) : Car elle était une force, malgré l'échec dû plus à la témérité du chef qu’à la lâcheté des soldats. Les Perses traitèrent, imposant, pour le dire en un mot, des conditions honteuses, et indignes de la puissance romaine (æioypuis te xai avabiau Tic Pwyolwy yetpèc) : mais si quelqu'un de celles-ci innocente l’un (Julien) et accuse l’autre (Jovien), à mon sens il juge très mal les événements. » Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V, 15.
2, « Ignobili decreto. » Ammien Marcellin, XXV, 7.
3. Rufus reconnait que la guerre fut mal conduite : « Juliano in externos hostes apertæ felicitatis principi, adversus Persas modus defuit. » Brev., 26.
4. Quant à cette autre assertion d'Eutrope, X, 17, et d’Ammien, XXV, 9, répétée par Zosime, que « depuis la fondation de Rome on ne peut
Procope, en qui Jovien eût pu redouter un rival, se rallia tout de suite au nouveau gouvernement. Commandant, avec Sébastien, l'armée qui manœuvrait dans la Haute Mésopotamie, il fit parvenir un convoi de vivres à celle qui revenait sous la conduite de Jovien : quand elle les reçut, épuisée par un voyage de six jours à travers des plaines désertes, où elle n'avait trouvé ni eau, ni pain, ni fourrage, elle était sur le point de succomber à la famine !. Mais dès que les provisions envoyées par Procope eurent été consommées, sa misère recommenca, et, si l’on n'avait mangé une partie des chevaux, les soldats seraient morts de faim : les routes étaient semées d'armes et de bagages abandonnés *. Un boïsseau de farine, « quand par hasard on en trouvait, » se payait dix pièces d’or ?. C’est à la tête de troupes affamées qu’avant d'arriver à Nisibe, — dont il n’osa affronter la douleur patriotique, — Jovien recut Procope et ses principaux officiers, venus pour le saluer. En souvenir de sa parenté avec Julien, Jovien donna à Procope la mission honorable que lui-même avait remplie deux ans plus tôt, lors des funérailles de Constance # : il le chargea de conduire à Tarse, pour y être inhumé, le corps du défunt empereur.
Ce fut une pompe païenne. Quand le convoi entra
trouver dans l'histoire un empereur ou un consul ayant cédé à l'ennemi un pouce de terre romaine, » c’est une erreur de fait : Hadrien, en 117, abandonna toutes les conquêtes faites en Asie par Trajan; Aurélien, en 274, rendit aux Barbares une autre conquête de Trajan, la Dacie transdanubienne ; Dioclétien, en 296, céda aux Nubiens de vastes territoires au sud de l'Égypte.