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dans la capitale de la Cilicie, des mimes et des histrions, empruntésaux théâtres de la ville, firent l'office de pleureurs !. La tombe — enceinte funéraire ?, entourant un petit temple 3 dans lequel étaitle mausolée 4 — fut construite dans la banlieue de Tarse, au bord de la voie romaine qui montait vers le Taurus: La largeur de cette voie séparait la sépulture de Julien de celle d’un autre ennemi du christianisme, Maximin Daiaÿ. Quand Jovien, au mois de décembre, traversa Tyane, il ordonna de faire au monument funèbre des travaux d’embellissement. Sur le marbre on grava un distique grec :
« Du Tigre impétueux est venu dormir ici Julien, à la fois bon roi et vaillant guerrier 7, »
« Maïs, s'écrie Ammien, ce n’est pas au bord du Cydnus, fleuve charmant et limpide, que devraient reposer ses cendres : en mémoire de ses hauts faits, c’est ailleurs
. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V, 18.
. Téuevos. 1bid.
. Nœoc. Ibid.
. Tévoc. Ibid.
. Philostorge, VIII, 1.
6. Ammien Marcellin, XXV, 10. — Zonare, XIII, 13, dit que le corps de Julien fut plus tard transporté à Constantinople. Il est seul à énoncer ce fait, très peu vraisemblable.
Ve ?lovhtavos perà Tiypiv &yAppoov évôdde xeïtat Auoétspov Baorhebs T’ &yalés xpatepôs 1° aiypnts.
Zosime, III. — Zonare et Cedrenus donnent une autre épitaphe, en qua-
tre vers :
Küôvw ên’ &pyupcévre àn” Edppéraio podwv epoidoc x yains dreheuthte éni Épyw Kivñoac otoparunv, téde ’Touhtavès AdyE oAua ’Auvôrtepoy BaorheUs T° &yafès xpatepôc T° diyunths. « Près du Cydnus argenté, ayant par l'Euphrate conduit sur la terre de Perse son armée pour une œuvre immortelle, ici a son monument Julien, à la fois bon roi et vaillant guerrier. » :
qu'il les faudrait, dans la ville éternelle, baignées par le Tibre en même temps que les temples des dieux et les monuments des vieux héros !! » — N’en déplaise à Ammien, il semble que les cendres de Julien étaient mieux à leur place auprès d’une rivière d’Asie, qu’elles n’eussent été dans cette Rome qu'il ne connaissait pas, où 1l était médiocrement aimé, parmi les ombres des vieux béros dont il n’a presque jamais prononcé les noms, au sein d'un paganisme formaliste qui ressemblait si peu au sien.
On dit que les Perses eux-mêmes rendirent à leur façon hommage à Julien. Ils avaient naguère placé dans un de leurs temples, comme un trophée, la peau tannée et teinte en rouge d’un empereur vaincu, le malheureux Valérien ?. Ils voulurent que la mort de Julien füt commémorée d’une manière moins tragique, par une peinture. Pour signifier à la fois sa vaillance impétueuse et les ravages de son invasion, ils tracèrent sur les murailles d’un temple une image de la foudre, près de laquelle ils écrivirent : « Julien ?. »
Les nouvelles de la mort de Julien, de l'élection de Jovien et du traité conclu avec les Perses arrivèrent simultanément, à Antioche d’abord, qui était la grande ville la plus rapprochée du théâtre de la guerre, puis
2. Voir les Dernières persécutions du troisième siècle, 2° édition, p. 167.