On a le nom d’un de ces secrétaires, Nymphidianus
342 SOURCES PAIENNES.
Libanius le montre « envoyant, dans une même journée, des lettres aux villes, aux commandants d'armée, aux amis qui partaient, aux amis qui arrivaient, lassant par la rapidité de sa langue la main des scribes, qui étaient obligés souvent de demander du repos, alors que lui passait sans fatigue d’une occupation à une autre ‘. » Ces divers lypes de lettres sont maigrement représentés dans le recueil que nous possédons. Il en est même qui manquent tout à fait : on n’y voit pas de lettres aux généraux ?. On peut admetire que le recueil existant aujourd’hui renferme, au point de vue du nombre, à peu près l'équivalent des épitres sorties du cabinet de Julien en cinq ou six jours. C’est dire que limmense majorité de ses lettres est perdue. Quelle qu’en soit la cause, cette perte est infiniment regrettable. Au dire des anciens, les lettres de Julien sont ce qu'il a écrit de mieux et ce qui donnait le plus de lumière sur son règne. Ammien Marcellin estime qu’elles sont, par la gravité et l’agrément, les égales des Discours du prince %; mais Libanius, qui parait montrer en ceci un sentiment littéraire plus délicat, déclare que les lettres de Julien l'emportent sur ses autres écrits, et qu'il s'y est surpassé lui-même ‘. Un siècle plus tard, Zosime y