‹ julien l'apostatChapitre 201 sur 229 · Libanius, Epitaphios Juliani; Reiske, t. I, p · texte numérisé non relu

Libanius, Epitaphios Juliani; Reiske, t. I, p

2. On n'y voit pas non plus les lettres, du reste « peu nombreuses » et « renfermant seulement des salutations, » qu'il écrivit au César Gallus (ibid., p. 530). — Dans le paragraphe relatif à Ammien Marcellin, nous indiquerons d'autres lettres de Julien, beaucoup plus importantes, que le recueil de sa correspondance ne contient pas. 11 sera encore question de . Plusieurs lettres, également perdues, dans le paragraphe relatif à Eunape. — Parmi les lettres perdues, il y a aussi un court billet (éruorol{w Boayet) à Denys, cilé par Julien (Hertlein, p. 577) dans la longue diatribe (Ep. 59) adressée à ce sénateur. Je dirai à ce propos que l'Epitre 59, d'une irritation qui touche au comique, est tellement incompréhensible, que je n'ai pu démêler les événements auxquels elle fait allusion, et lui trouver une place dans le récit du règne de Julien.

3. €... Sed tamen rhetoricam amavit, ut ostenditorationum epistolarumque ejus cum gravitate comitas interrupta. » Ammien Marcellin, XVI, 5.

4... O GÈ rokep@v te ôLoù ao rhdtrwv \ôyous Téons LLoppac xatahéhot-

voit une source de renseignements plus abondante que toute les autres !, On ne saurait donc trop déplorer les hasards qui ont tari pour nous presque toute cette source, et en ont laissé à peine un mince filet d’eau.

Les lettres de Julien avaient cependant été recueillies aussi soigneusement que ses autres ouvrages. On vient de les voir connues et jugées par des écrivains du quatrième et du cinquième siècle. Pour en parler comme il le fait, Ammien eut certainement sous les yeux une collection de ces lettres. Dans ses Fragments historiques et dans les Vies des philosophes et des sophistes, un autre écrivain de la seconde moitié du quatrième siècle, Eunape, fait allusion à diverses lettres, cite même quelques mots de plusieurs d’entre elles. Il semble avoir puisé dans un recueil général, contenant des pièces de diverses époques, car si quelques-unes des épiîtres qu'il cite sont adressées à des sophistes, d’autres sont relatives aux guerres de Julien. L'auteur du recueil peut avoir été Libanius. Le célèbre sophiste d’Antioche avait été en relations épistolaires avec Julien depuis le jour de son éléva- : tion au rang de César. Ces relations se poursuivirent jusqu’à la fin de la vie du prince, car il correspondait encore avec celui-ci pendant la guerre de Perse. Libanius possédait donc un très grand nombre de lettres du restaurateur de l’hellénisme. Ses rapports avec les amis et les coreligionnaires de celui-ci, son ascendant sur les autres sophistes qui avaient été en correspondance avec l’empereur, lui rendaient facile de rassembler de toutes parts beaucoup d’épîtres. Dès le lendemain de la mort de Julien, on le voit préoccupé de

nev, dmAoais Èv mravrus Vix@v, Ta dÈ auroÙ Th Tv émtorokcvy. Libanius, Epitaphios Juliani; Reiske, 1. I, p. 624.

1. Tà Jovravod noayhévra... müpeott T@ Bouloméye aullabeïv Gravra Toïc éyois Évruyyavovrs toïs abroù xai Tais ÉmuoTohaic, àp’ @v ÉVEOTL MARIOTE TR xara rôcuy ar nenpayuéva Tv oixoupmévny mepthaGeïv. Zosime, 111, 2,

344 SOURCES PAIENNES.

faire connaître des lettres! qui étaient, dit-il, sa seule consolation?. Voir en lui le compilateur du recueil que connurent Ammien et Eunape n’est sans doute qu’une hypothèse, mais cette hypothèse ne paraîtra pas téméraire.

Cependant il semble qu’au v° siècle une autre collection de lettres et d'actes de Julien, indépendante de la première, ait aussi eu cours. MM. Bidez et Cumont, qui ont jeté sur toutes les questions relatives à la correspondance de Julien de si vives lumières, ont remarqué que Socrate et surtout Sozomène font mention, dans leurs histoires, de nombreuses ordonnances de Julien, et les citent avec une grande précision. Mais ils ont remarqué, en même temps, que ces historiens ecclésiastiques ne font pas une seule allusion aux lettres adressées à des sophistes, et que, d’autre part, ni Libanius, ni Ammien, ni Eunape ne mentionnent aucun des textes officiels cités par Sozomène. La conclusion qu'ils ont cru pouvoir tirer de cette double constatation, c'est que, primitivement, il a existé au moius deux collections distinctes des épîtres de Julien, l’une contenant des lettres purement privées, l’autre composée de rescrits envoyés à des fonctionnaires ou à des prêtres, d’édits promulgués en certaines villes. La première collection a, de toute évidence, une origine païenne, puisqu'elle paraît avoir été formée par Libanius ou quelque autre ami de Julien; comme les pièces composant la seconde ont, pour la plupart, trait aux « Galiléens, » elle semble avoir été rassemblée par un chrétien, peut-être d’Alexandrie *, désireux de conserver les documents relatifs à la persécution *.

à. Epitaphios Juliani; Reiske, t. I, p. 624.

3. Le nombre est relativement considérable des documents relatifs aux affaires d'Alexandrie (éd. Hertlein, Ep. 6, 9, 10, 23, 26, 36, 45, 50, 51, 56, 58).

4. Bidez et Cumont, Recherches sur la tradition manuscrite des lettres de l’empereur Julien, p. 14-22.

Les deux érudits belges, poursuivant le cours de leurs hypothèses, supposent, non sans vraisemblance, que les deux collections parallèles dont il vient d’être question, et probablement encore d'autres recueils partiels, se fondirent, dans le cours du v° siècle, en une vaste compilation. De celle-ci aurait parlé et se serait servi Zosime. A la fin du v* siècle, l’édition des Discours et des épîtres de Julien dont use cet historien semble très répandue, et d’un accès facile : quiconque les désire peut se les procurer ‘, dit Zosime, en insistant surtout sur la valeur documentaire des lettres?. Il est certain qu'une collection de lettres plus considérable que celle qui est venue jusqu’à nous exista au vie siècle : deux écrivains de ce temps, Lydus et Facundus, y copient des épîtres que les manuscrits aujourd’hui conservés ne contiennent pas. À la fin du x° siècle encore, Suidas connaît des letires que nous ne possédons plus, et qui peuvent venir de la même tradition.

Cependant le recueil qui, d'après une hypothèse vraisemblable sans être absolument certaine *, aurait été depuis la fin du v° siècle l'instrument de cette tradition ne serait point, dans tous les cas, le seul qui aurait eu cours au moyen âge. L'étude des manuscrits aujourd’hui existants oblige à conclure que « la plupart des épitres de Julien nous ont été transmises par une autre voie {. » Elles paraissent avoir été répandues et conservées surtout, à travers le monde byzantin, dans des livrets qui les continrent avec celles d’autres épistolographes grecs, comme modèles de style pour les gens de eour qui avaient à rédiger une requête ou à tourner un com-

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