‹ julien l'apostatChapitre 202 sur 229 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

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pliment. C'est dire qu’on fit un choix parmi les lettres, prenant celles qui offraient des formules de politesse raffinée et fleurie de préférence à celles qui traitaient d’affaires. A cette anthologie se rattachent beaucoup des manuscrits qui nous ont transmis des lettres de Julien. Une autre classe de manuscrits, dont le plus important est le Vossianus de la bibliothèque de Leyde, copie du xim° siècle, contenant les Discours et les épîtres, a emprunté ces dernières à des collections plus complètes, mais cependant ne permet point de remonter à un archétype primitif. Fût-il donné de retrouver la trace de la collection que connut probablement Zosime, et qui paraît avoir été consultée encore au vrI* siècle, peutêtre même plus tard, il est probable qu'on y trouverait, avec un nombre de lettres beaucoup plus considérable que celui que nous possédons, une confusion déjà très grande, et le mélange dès lors formé de pièces authentiques et de morceaux apocryphes.

Les divers éditeurs des lettres de Julien, depuis l’édition de Musurus, imprimée à Venise par Alde en 1499, jusqu’à celle de Hertlein en 1876, n’ont pas cherché à donner des lettres qu’ils mettaient au jour un classement plus rationnel que n'avaient fait les copistes du moyen âge et de la renaissance. Ils se sont contentés d'ajouter celles que l’on découvrait : l'édition de Musurus avait quarante-huit lettres, celle d'Herilein en contient quatre-vingts, auxquelles il faut ajouter les six de Chalcé : trente-huit lettres seulement découvertes en quatre siècles ! ! Mais, quelle que soit la date des éditions, c’est toujours le même désordre : les pièces formant une série, comme celles qui ont trait aux affaires d'Égypte, sont réparties çà et là : nul effort n’est tenté pour mettre chaque lettre à sa date : quelquefois deux morceaux d’une même

1. Tillemont, qui avait sous les yeux l'édition de 1630, ne connait en-

core, en 1697, que soixante-quatre lettres. Histoire des Empereurs, L. IV, p. 564.

épitre sont imprimés comme deux lettres différentes, ainsi qu'on la récemment démontré pour le n° 14 d’Hertlein, qui est la conclusion du ne 74, et pour le n° 63, qui fait partie de l’encyclique incomplète publiée à part sous le nom de Fragment de lettre. Une édition nouvelle de ce qui nous reste de l'œuvre épistolaire de Julien est devenue nécessaire : les travaux de Schwarz, de Cumont, de Bidez, ont prouvé cette nécessité ; et la collaboration de ces deux derniers érudits nous promet, dans un avenir plus ou moins prochain, cette édition faite enfin par eux avec toute la compétence qu’elle demande.

L'exemple des lettres prouve que, si considérables que soient les renseignements fournis sur Julien par ses propres œuvres, cependant celles-ci ne nous sont parvenues qu'avec d'immenses lacunes. On peut trouver, dans les auteurs qui y font allusion ou qui les citent, l'indication de ceux de ses écrits qui ont péri, soit partiellement, soit en totalité. Dans le chapitre sur la polémique de Julien j'ai amplement parlé de son ouvrage contre les chrétiens : de cet ouvrage, qui était en trois livres, un seul, le premier, a pu être approximativement reconstitué, grâce aux citations textuelles qu’en fait saint Cyrille d'Alexandrie dans la réfutation qu'il lui consacre. On connaît le second livre seulement par huit fragments de quelques lignes fournis par saint Cyrille, par saint Jérôme, par. Théodore de Mopsueste, et un fragment plus étendu tiré d’Arétas; du troisième livre on a deux fragments d’un petit nombre de lignes, provenant de saint Cyrille et de Suidas!. Pour d’autres écrits, nous sommes moins heureux encore, car on n’en connaît guère que le titre, ou quelques mots à peine avec le titre.

Telles sont lépître aux Lacédémoniens et l’épître aux Corinthiens, écrites en octobre ou novembre 361, en même

1. Voir Neumann, Juliani imperatoris librorum contra Christianos quæ supersunt, p. 133-238; Bidez et Cumont, Recherches sur la tradition manuscrite des lettres de l’empereur Julien, p. 135-138.

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temps que l’épître aux Athéniens, seule conservée. De ces deux pièces fait mention Zosime (IT, 10) : à l’une ou à l’autre appartient vraisemblablement une phrase citée par lui un peu plus haut (II, 3); de l’épitre aux Corinthiens est une antre phrase reproduite par Libanius (Pro Aristophane ; Reiske, t. I, p. 434). Tel est le traité des Saturnales ou Kpovta, dont Julien lui-même fait mention (Oratio IV; Hertlein, p. 204), et dont Suidas a conservé un fragment (v° ’Exeôorimoc). Tels sont enfin ses Mémoires sur les guerres de Germanie. L'existence d’un ou plusieurs écrits de Julien, aujourd’hui perdus, sur ce sujet n’est pas douteuse : mais il se peut que les critiques aient exagéré l'importance ou l’étendue de cette partie de son œuvre. Hecker, le premier, en a reconnu l'existence, et ya montré, avec un excès évident, la source de tout ce que les contemporains ont écrit sur la vie militaire de Julien!. Schwarz parle de « Commentaires » de Julien sur les guerres de Germanie ?, ce qui évoque l’idée d’un ouvrage considérable, à l'instar des Commentaires de Jules César. Koch a étudié cette question avec une précision plus grande et dans un esprit plus modéré que ses devanciers, mais en accordant cependant un peu trop, selon moi, à l’hypothèse . Voilà ce qui me paraît devoir être retenu. Julien publia un récit, probablement de courte étendue,

1. Hecker, Zur Geschichle des Kaïsers Julianus. Eine Quellenstudie. Wissenschaftlige Beilage zum Programm des Kônigl. Gymnasiums zu Kreusnach, 1886. L'exagération de la thèse de Hecker a été montrée par Mendelssohn, dans la préface de son édition de Zosime (Leipzig, 1887), p. XLV.

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