‹ julien l'apostatChapitre 207 sur 229 · Koch, Kaiser Julian der Abtrünnige, p · texte numérisé non relu

Koch, Kaiser Julian der Abtrünnige, p

2. Éditions complètes de Julien : Martinius et Cantoclarus, Paris, 1583; Petau, Paris, 1630; Spanheim, Leipzig, 1696; Hertlein, Leipzig, 1875-1876.

Éditions partielles : Misopogon et Épitres, Martinius, Paris, 1566; — Césars, Hensiger, Gotha, 1736; — Épiîtres, Heyler, Mayence, 1828; — Contra Christianos, Neumann, Leipzig, 1880.

Traductions françaises : Œuvres complètes, Tourlet, Paris, 1821: — Talbot, Paris, 1863; — les Césars de l’empereur Julien, avec des remar-

ques. el des preuves enrichies de plus de 300 médailles, Spanheim, Paris, 1683; Amsterdam, 1728,

Julien, pris comme source historique, méritent-ils la confiance? jusqu’à quel point doit être accepté son témoignage sur lui-même, sur ses adversaires, sur ses amis, sur les évé- . nements de sa courte et orageuse existence?

Il est certain que toute autobiographie — et beaucoup des écrits de Julien ont ce caractère — doit être lue avec précaution. Tout homme se racontant lui-même et jugeant ceux avec qui il s’est trouvé en rapport est sujet à d’étranges illusions. Une raison générale de prudence s'impose donc à quiconque interroge des mémoires personnels. Cette prudence devra être plus attentive et plus ‘particulière si leur auteur écrivit sous la dictée de la passion ou de l'intérêt. Tel fut, à n’en pas douter, le cas de Julien.

Passionné, il le fut, certes, dans sa haine contre Constance, en qui il voyait le persécuteur de sa jeunesse; passionné, il le fut aussi dans sa haine contre les chrétiens, comme dans son ardent amour pour la civilisation païenne. Cette couleur de passion est répandue sur tous ses écrits. Mais les principaux d’entre eux, ceux-là précisément où il se raconte, portent non moins visible la marque de l'intérêt. Ce sont des apologies ou des actes d'accusation, dans l’un ou l’autre cas des plaidoyers. Telle est la lettre aux Athéniens, dans laquelle Julien s’efforce par le récit de sa vie de justifier son usurpation. Tel est le Misopogon, diatribe virulente contre les habitants d’Antioche. C'est l'avocat, c’est l’accusateur public, ce n’est pas l'historien qui écrit de telles œuvres. Même quand il ne songeait ni à se défendre ni à attaquer, Julien demeurait jaloux de se présenter lui-même à la postérité sous le jour le plus favorable. On l’a vu plus haut, par des remarques naïves d’Eunape et la polémique malheureusement perdue avec Cyllenius. S'il raconta lui-même ses guerres, c’est parce qu'on n’est bien loué que par soi-même, et qu'il tenait à être loué. On a donc le droit de se défier de l'impartialité et même, dans une certaine mesure, de la sin-

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cérité de Julien : et, à ce propos, il sera permis de rappeler que, pendant sa jeunesse, se sentant ou se croyant entouré d’ennemis, il avait pris des habitudes de dissimulation dont ses amis païens lui firent parfois un mérite !, dont jamais il n'éprouva la moindre honte ?, et dont tout son être moral paraît avoir gardé le pli. Sans vouloir exagérer la portée de ces réflexions, nous conclurons que, toutes les fois qu’il est impossible de contrôler par un autre témoignage contemporain et absolument indépendant une assertion de Julien, il est prudent de ne point accepter celle-ci sans réserve. Là où le contrôle est possible, on trouve plus d’une fois Julien en défaut. Il se dégage sans doute de l’immense travail littéraire de Julien un nombre très considérable de faits; mais ce qu’on voit s’y peindre surtout, c’est un portrait moral de l’homme, où les défauts mêmes qui doivent mettre son historien en défiance sont autant de traits de caractère.

Il est une partie de l’œuvre de Julien à laquelle son caractère officiel donne une place à part. C'est son œuvre législative. Nous sommes loin de la connaître tout entière. À cause, probablement, des tendances antichrétiennes de beaucoup de lois promulguées par Julien, les compilateurs des Codes ne voulurent pas les recueillir. Quelques-unes, cependant, inspirées par cet esprit, mais moins dures dans les termes, y eurent entrée. Mais la plupart de celles qui ont une portée hostile aux chrétiens nous sont venues par d’autres voies.

En tout, les deux recueils juridiques formés au v° et au vi° siècle, le Code Théodosien et le Code Justinien, rapportent quarante-deux constitutions de Julien, Beaucoup ont trait à des questions d'intérêt secondaire et courant, et ne touchent pas aux réformes d'ordre politique, administratif ou religieux qui furent la préoccupation dominante de Julien.

1. Libanius, Epitaphios Juliani; Reïske, t. I, p. 528. 2. Julien, Ep. 42; Hertlein, p. 546.

Celles qui s’y rapportent, relatives aux biens des proscrits, à l'or coronaire, aux propriétés des villes, aux curies, aux transports publics, à la nomination des professeurs, au règlement des funérailles, se rencontrent au Code Théodosien, VIII, v, 1254845 4x av, 55 XII, 1,501 52° 58092 6x, de AMI, x, 45 111, 4,5.

D'autres lois, édits ou rescrits de Julien ont été publiés dans le recueil de sa correspondance : pièces officielles relatives aux Alexandrins (Ep. 6, 9, 10, 26, 51, 58); édits aux Thraces, aux Juifs, au peuple d’Antioche (Ep. 11, 95, 47, 54); édit sur les professeurs chrétiens (£p. 42); rescrit au peuple de Bostra (Ep. 52); texte plus développé de l’édit sur les funérailles (Ep. 71).

Enfin, les écrivains chrétiens, surtout Grégoire de Nazianze, les historiens Socrate et Sozomène, font allusion à de nombreuses lois spécialement dirigées contre leurs coreligionnaires; on trouve même dans saint Grégoire et dans Socrate la citation textuelle de deux passages d’une loi sur l’enseignement, qui paraît différente de celle que fait connaître l'Épiître 42.

LB resterait, pour être complet, à indiquer ici, auprès de l’œuvre de Julien, d’autres sources qui font, pour ainsi dire, corps avec elle, et se rapportent directement à sa personne : sources épigraphiques et iconographiques. Mais les unes sont très minces, et les autres assez peu sûres. Quelques mots, pour finir, suffiront,

L’épigraphie de Julien, c’est-à-dire les inscriptions où son nom se rencontre, offre peu de particularités intéressantes. La courte durée de son règne n’a point permis l'érection de beaucoup de monuments nouveaux; ceux qui avaient été commencés, comme les temples, ont été promptement interrompus, avant que leur dédicace ait pu avoir lieu : de là sans doute le petit nombre des tituli officiels commémorant son nom et ses titres. Peut-être même, si l’on y regardait de très

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près, l’épigraphie contredirait-elle l’idée que Julien et ses amis ont essayé de donner de sa position vis-à-vis de Constance. Clinton a publié, dans ses Fastus romani (t. IT, p. 98), une inscription commémorant la reconstruction des thermes de Spolète par Constance Auguste et Julien, encore César : dans ce texte, officiel, par conséquent rédigé avec l’approbation de Constance, Julien est qualifié de victoriosissimus Cæsar, ce qui semble indiquer peu de jalousie de la part du suzerain, qui ne prend lui-même aucune épithète de ce genre, et se contente de l’appellation banale de semper Augustus. Mais ce qui est plus remarquable encore, c’est le nombre insignifiant des textes épigraphiques faisant allusion à la révolution religieuse tentée par Julien : une inscription d’une petite ville de Numidie, Casae, qui l'appelle restaurator libertalis et romanae religionis (Corpus inscr. lat., t. VIII, 4326); une inscription de Thibilis, qui salue en lui « le restaurateur des sacrifices » (Recueil de Constantine,t. XX VII, 1892, p. 255); une inscription orientale, qui le qualifie de filosofiae magister (Ephemeris epigraphica, t. IV, 1388); une inscription grecque du Hauran, relatant que « sous le règne de FI. CI. Julien, empereur auguste, les sacrifices ont été renouvelés et Le temple a été restauré l’an 256 (de l’ère de Bostra, 362 de notre ère), le 5 Dustros » (R. Dussaud, Mission dans les régions désertiques de la Syrie moyenne, 1903, n° 108, p. 276).

Quant à l’iconographie, on se demande avec curiosité ce qu’elle peut nous apprendre de Julien. Possède-t-on de véritables portraits de lui? La question est plus intéressante pour

cet empereur que pour d’autres souverains, car son extérieur

a joué un grand rôle dans la polémique de son temps, a été raillé par les habitants d’Antioche, et, en réponse à leurs diatribes, peint par lui-même en traits moitié plaisants, moitié sérieux, dans le Misopogon !. Deux contemporains de Julien

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