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l'ont aussi décrit; l’un, Grégoire de Nazianze, dans un esprit peu bienveillant !, l’autre, Ammien Marcellin, dans un sentiment favorable ?, sans qu’il y ait opposition absolue entre les croquis tracés par l’un et par l’autre. Il serait précieux de comparer à ces témoignages écrits, et assurément de première main, une effigie digne de foi. En existe-t-11?

On répondra négativement pour les statues. Il est à peu près démontré aujourd’hui que les deux statues, celle du musée du Louvre et celle du musée des Thermes, où, pendant longtemps, tous les archéologues, à la suite de Visconti, avaient reconnu Julien, représentent un prêtre stéphanophore#. On n’en connaît pas le lieu d’origine, et, eussentelles été trouvées à Paris, leur attribution à Julien resterait fort douteuse, car, au temps où il habita cette ville avec le titre de César, il ne porta, comme le personnage qu’elles représentent, ni la barbe, ni le costume de philosophe. Reste le buste d’Acerenza. Dès 1882, François Lenormant, visitant l2 sud de l'Italie, reconnut Julien dans un buste colossal de guerrier qui surmonte le fronton de la cathédrale d’Acerenza, petite ville de la Pouille #. En 1901, cette hypothèse fut renouvelée par M. Salomon Reinach ÿ. Elle est contredite par deux faits : le buste s’écarte absolument du style du 1v° sièclef; la figure d’Acerenza, aux cheveux courts

. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V, 23.

. Ammien Marcellin, XXV, 4.

. Revue archéologique, t. XXXVIIT, 1901, p. 342; t. XXXIX, p. 259. . François Lenormant, À travers l’Apulie et la Lucanie, t. I, p.231.

5. Salomon Reinach, Un portrail authentique de l'empereur Julien, dans Revue archéologique, t. XXXVIII, p. 337-359. Comme exemple de l’ « à peu près » où l'on en est encore, en France, quand il s'agit de Julien, je dirai que dans cette note, très érudite, M. Salomon Reinach appelle Constance « l'oncle » de Julien, et cite les écrits de celui-ci d’après la traduction française de Talbot.

6. E. Michon, dans Revue archéologique, t. XXXIX, p. 259 et suiv. — M. Delbrück, dans Zeitschrift fur bildende Kunst, octobre 1902, cité par M. Venturi, Storia dell arte italiana, t. IT, 1903, voit même dans le buste d’Acerenza une imitation de l’antique, et y reconnait l'empereur Frédéric IT,

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SES SOURCES PAIENNES.

et rares, à la barbe courte, au nez court et relevé, ne ressemble nullement au visage de Julien tel que le représentent les monnaies, avec le nez droit et long, les cheveux ‘abondanis et lisses, faisant bourrelet sur la nuque, la barbe plus ou moins longue et épaisse, suivant les époques‘.

Mais les monnaies sont-elles ressemblantes? M. Babelon, qui a consacré aux séries conservées à Paris une longue et minutieuse étude?, répond affirmativement, en réfutant Bernoulli# et M. Salomon Reinach#, qui refusaient aux médailles de Julien toute valeur de portrait. Dans celles qui appartiennent à la première période du règne, correspondant à son séjour en Gaule avec le titre de César (355-360), il apparaît sans barbe, avec des traits bien individuels : les sourcils bien marqués, le nez long et tombant droit, le col puissant, le buste très ample (Babelon, pl. VIE n° 2 et 3)*. Sur celles de la seconde période, qui va de l’usurpation de mai 360 à l’entrée à Constantinople en décembre 361, Julien paraît avec les mêmes traits, encore imberbe, mais portant sur la têle le diadème perlé ou gemmé qu'il prit pour la première fois à Vienne en novembre 360 (ibid., n° 5-10). La

1. Sur un marbre encastré dans un mur de l'église d’Acerenza se lit une dédicace à « Julien réparateur du monde; » sur une autre pierre antique, servant de marche au campanile de la même église, on a cru lire

… VLIAN. Mais la dédicace est de trop petite dimension pour avoir appartenu au monument dont faisait partie le buste colossal : quant au fragment d'inscription où l'on avait lu presque entier le nom de Julien,

il porte, examiné de plus près, les lettres HLIANO, qui excluent ce nom. E. Michon, p. 289.

2. L’iconographie monétaire de Julien l'Apostat, 1903 (extrait de la Revue Numismatique). Cf. Revue des questions historiques, avril 1904, p. 580-586.

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