‹ julien l'apostatChapitre 214 sur 229 · Koch, Kaiser Julian der Ablrünnige, p · texte numérisé non relu

Koch, Kaiser Julian der Ablrünnige, p

être d'après les Mémoires de l'indiscret Oribase, et en a donné le résumé.

Comme beaucoup d’historiens antiques, Ammien met de fréquents discours dans la bouche de ses héros. Pour la période qui nous occupe, il y a un discours de Constance proposant à son conseil de faire Julien César (XV, 8); un discours de Constance à l’armée et au peuple, annonçant cette promotion (ibid.); un discours de Constance à l’armée d’Orient, pendant la guerre civile (XXI, 13); des discours de Julien à ses troupes avant la bataille de Strasbourg (X VI, 2), à Paris (XX, 8), à Bâle (XXI, 3), en Perse (XXII, 5; XXIV, 3); un discours de Julien mourant à ses amis (XXV, 3). Bien que les anciens pratiquassent la sténographie, on ne saurait, assurément, garantir l’authenticité de toutes ces paroles. Le style des discours prêtés à Julien et à Constance se ressemble, ce qui paraît indiquer un même auteur. Cependant les uns et les autres sont ordinairement si bien en situation, et offrent presque toujours des nuances si exactes, qu’on hésite à les croire tout à fait imaginaires, et qu'un historien moderne aurait tort, selon nous, de ne pas s’en servir, en marquant les réserves nécessaires. Il y a, d’ailleurs, des distinctions à faire entre ces discours. Le texte donné par Ammien du discours de Bâle a grande chance d’être, en partie au moins, l’œuvre de l’historien, car il ne concorde pas avec le résumé que Julien lui-même fait de ses paroles dans la lettre aux Athéniens. Mais une harangue d’apparat, comme celle que Constance prononça à Milan, en revêtant Julien de la chlamyde empourprée du César, fut probablement rédigée d’avance, et insérée ensuite dans les actes officiels : vraisemblablement Ammien en donne un texte exact. Même une allocution aussi intime que l’adieu prononcé par Julien mourant peut avoir été recueillie. Le lit où gisait l’empereur était entouré d’ « intellectuels, » philosophes, sophistes, qui ont. dû mettre par écrit leurs impressions : au sujet du choix d’un

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successeur et de la certitude d’être admis parmi les bienheureux, Ammien et Libanius rapportent des paroles semblables, ce qui paraît indiquer une source commune.

En général, l'opinion d’Ammien est favorable à Julien. Mais, malgré une partialité que les circonstances rendaient inévitable, Ammien sait reprendre, quand cela devient nécessaire, la liberté de son jugement!. On le voit à la façon dont il parle de certains épisodes, tels que la vengeance cruelle exercée contre les serviteurs de Constance, l’édit rendu contre l’enseignement chrétien, la faute capitale commise en Perse par l'incendie de la flotte, à la façon aussi dont il apprécie la recherche excessive de popularité ou les excentricités dévotes de Julien. Je ne sais si M. Camille Jullien n’exagère pas en appelant Ammien « le dernier et le plus grand peut-être des historiens de Rome, » mais je crois qu'il est dans le vrai, quand il ajoute? : « Il y a, dans son œuvre, un sens de la franchise, une sûreté de droiture, un amour de la justice, une tension vers la vérité qu'aucun écrivain de l’antiquité, sans exception, n’a possédés au même degré. Le païen qui a écrit de si belles paroles sur la vertu des évêques, l'ami de Julien qui a jugé ses actes avec une finesse à laquelle la postérité n’ajontera rien, ce simple officier qui a apprécié les guerres et les révolutions de l'Empire avec le bon sens d’un vieux politique, est bien près d’avoir un peu plus que du talent. Je ne connais peut-être pas au monde d’historien écrivant sur son propre temps qui l'ait apprécié avec une telle justesse, comme dans le recul du passé ?. »

1. Même appréciation dans Tillemont, Histoire des Empereurs, t. IV, p. 562.

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