Müller, Fragmenta historicorum græcorum, t. AV, p
378 SOURCES PAIENNES.
uns seulement (8-27) se rapportent à Julien. Ces fragments n’offrent pas, par eux-mêmes, un très grand intérêt. Mais ils ont cet avantage de nous faire connaître les sources qu'Eunape eut sous les yeux. On en peut indiquer trois. D’abord, les deux relations de Julien sur ses guerres contre les Germains (fr. 9 et fr. 14) : nous en avons parlé plus haut. En second lieu, un recueil de lettres de Julien plus étendu que celui que nous possédons : Eunape parle de lettres du prince à de « nombreux correspondants » et cite deux passages (fr. 22 et 24) d’épîtres aujourd’hui perdues. En troisième lieu, les Mémoires d'Oribase. Comme on rencontre chez Eunape la seule attestation de ce livre, dont l'influence paraît avoir été considérable pour l'établissement de l'histoire de Julien, il importe de citer le passage où il en parle. Après . avoir (fr. 8) fait l'éloge d'Oribase de Pergame, l’intime ami de Julien et le grand médecin, il déclare être redevable de ce qu’il écrit au soin extrême avec lequel celui-ci a recueilli les faits où il fut témoin et acteur : xat rüv ye mpdéewv (Ticas dù nriotaro mopov éracaiç) max dxpôe brouvnux cuveréher rpdc rhv yeapñv. Rapportant, dans son autre ouvrage, les Vies des sophistes, un épisode évidemment emprunté aux Mémoires d’Oribase (les cérémonies mystérieuses accomplies à Paris par l’hiérophante, avec Oribase seulement et Evhémère pour témoins), il ajoute : radra dE maAw êv roiç xart TouAtavov Bi6Atorc &xptbéorepoy stpnrat |, « cela a été dit avec plus de détails dans les livres qui traitent de Julien. » Les « livres qui traitent de Julien, » auxquels Eunape renvoie pour cette anecdote secrète, ne semblent pas autre chose que l’écrit d'Oribase.
Le second ouvrage d'Eunape, les Vies des philosophes et des sophistes, a été intégralement conservé ?. Il comprend vingttrois notices. Eunape a souvent l’occasion d'y parler de Julien. Il est question de ce prince dans les Vies d'Edesius, de