Vilæ-soph., p
2. Ed. Boissonade, 1849, dans la Collection des auteurs grecs de Didot.
MAMERTIN, HIMÈRE, MAGNUS, ETC. 279
Priscus, de Chrysanthe, d’Oribase, de Prohæresius, de Nymphidianus, et surtout dans celle de Maxime. Trois autres ‘ lettres de Julien, qui ne nous sont point parvenues, sont indiquées dans les Vies de Chrysanthe et de Priscus. On vient de voir dans la Vie de Maxime un emprunt aux Mémoires d’Oribase. Bien qu'Eunape soit d'une crédulité au merveilleux qui touche à la naïveté, et que, sophiste dans l’âme autant que Libanius, il ait encore moins d'esprit critique, son témoignage, en dehors même des sources que nous venons d'indiquer, a sur certains points de la valeur. Eunape était parent de la femme de Chrysanthe, et avait été, dans sa jeunesse, l'élève de ce philosophe. Cela lui permit de puiser à une source tout à fait directe les tradilions relatives au séjour de Julien près des néoplatoniciens de l’Asie Mineure. Il avait aussi des rapports religieux avec le dernier eumolpide qui ait rempli les fonctions d’hiérophante à Éleusis : par celui-ci, en même temps que par « les livres qui traitent de Julien, » c’est-à-dire les JWémotires d'Oribase, il put avoir des détails sur la révolution de Paris : peut-être est-il l'écho de l’hiérophante autant que du médecin quand il loue ce dernier « d’avoir fait un empereur, » c’est-à-dire d’avoir été le véritable instigateur de la révolte des soldats.
D'Eunape à Zosime le saut est brusque, puisque celui-ci ne paraît pas avoir écrit avant le milieu du cinquième siècle. Il consacre au règne de Julien le livre HI de son Histoire. Zosime est un païen ardent et un historien crédule. Gibbon parle avec mépris « de sa passion et de ses préjugés, » de « ses ignorantes et malicieuses suggestions, » de « ses insinuations malveillantes !. » On ne peut se servir de lui qu'avec de grandes précautions. Il est aussi partial que Libanius, sans avoir, comme celui-ci, l'autorité au moins relative d’un contemporain et d’un témoin.