Gibbon, Decline and Fall, ©. xvnr, xx
380 SOURCES PAIENNES.
Cependant il paraît avoir eu sous les yeux des documents précis. Lui-même indique, comme sources dont il se servit, « de nombreux livres d’historiens et de poètes, cuyypayedot xat rountais êv moluotiyotc... (i6Aou, qui ont raconté les actions de Julien jusqu’à la fin de sa vie. » On se souvient qu'il indique aussi, comme une source préférable à toutes les autres, un recueil des Xdyor et des émiorohat de Julien, qui, pour celles-ci au moins, était certainement plus ample que ce que nous possédons !. Malheureusement Zosime ne nomme pas « les historiens et les poètes. » Un seul de ces derniers nous est connu par Socrate (III, 21), le garde du corps Calliste, qui suivit Julien en Perse, et consacra à ses exploits tout un poème épique, dont rien n’est resté?
Zosime ajoute qu'il s’est efforcé, dans ses récits, de suppléer à ce qui avait élé omis par ses devanciers. On croira difficilement que, écrivant si longtemps après eux, il en aït eu les moyens. Cependant, pour le récit de la guerre de Perse, on remarque, chez lui, des noms de localités omis par Ammien, et même quelques détails qui ne sont point chez ce contemporain et témoin oculaire. On a conjecturé que Zosime avait eu sous les yeux un Journal de l’expédition, écrit par quelqu’un des hauts officiers de Julien, ou même des Commentaires de Julien lui-même, continués après sa mort. L’hypothèse ne paraît pas solide : si Zosime avait possédé une source aussi précieuse, il n'eût point manqué de le dire. Il reste néanmoins que, dans les pages qu'il consacre à Julien, remplies d'erreurs et de fables, et empreintes d’une évidente partialité, se rencontrent aussi un certain nombre de renseignements utiles, que l’on ne trouve pas ailleurs®.
1. Voir plus haut, p. 342. — 2. Un panégyrique de Julien, également perdu, par le rhéteur bordelais Latinus Alcimus Alethius, est cité par Ausone, Comm. prof. Burdig., IL; Migne, P. L., t. XIX, col. 852. — 3, Éd. Mendelsshon, Leipzig, 1887.