Sozomène, V
2. Cf. Julien, Misopogon; Horton, P. 475. — Sur les monctarii au quatrième siècle, voir Waltzing, Étude historique sur les corporations professionnelles chez les Romains, t. IL, p. 228. Of. mon t. I, p. 224-226
3. Voir Marquardt, Rôümn. Staatsverwaliung, t. I, p. 345, note 3.
'Ed6ün 1h Tv xalavdéiv Adyoüotou ëv ’Avrtoyelg. Julien, Ep. 52; Hertlein, p. 562.
5. Ammien (XIV, 8) dit de Bostra, de Gerasa et de Philadelphie : « Mu-
rorum firmitate cautissimas. » |
des écrivains les plus distingués de l’époque, Titus, auteur de livres contre les manichéens : saint Jérôme le place parmi ceux dont on ne sait ce qu'il faut le plus admirer, leur érudition dans les choses profanes ou leur connaissance des saintes Écritures!. Mais son orthodoxie ne fut peut-être pas à la hauteur de sa science : Sozomène le nomme parnu les écrivains célèbres de la nuance semiarienne?, et on le trouve même, en 363, en compagnie d’Acace et de ses partisans, ce qui porterait à le classer parmi les ariens d’une nuance beaucoup plus avancéeë. Quoi qu'il en soit, les réformes religieuses de Julien paraissent avoir excité une grande émotion à Bostra. Se sachant soutenus, les païens y firent quelque désordre; mais, de leur côté, les chrétiens, qui avaient conscience de leur force, se montrèrent prêts à la résistance. Les deux partis étaient sur le point d’en venir aux mains. Julien fit savoir que si une sédition éclatait à Bostra, il ferait retomber toute la faute sur l’évêque et ses<lercs, et l’attribuerait à leurs excitations 5. En réponse à cette menace, l’évêque Titus écrivit à l’empereur pour se justifier. Il montra que, grâce à son influence et à celle de son clergé, la paix n'avait point été troublée. « Quoique les chrétiens, dit-il, soient ici en nombre égal à celui des Hellènes, nos exhortations les ont empêchés de commettre le plus léger excès6. »
Saint Jérôme, Ep. 70; De viris illustr., 102. . Sozomène, III, 14.
Socrate, III, 25.
Cf. Libanius, Ep. 672, 673, 730.
. Sozomène, V, 15.
6. Kairor Xptotiav@v üytewv épapihwv T@ met Tov ‘ENhvov, xateyogévov D Th huetépa maparvéoe, pndéva undapoÿ àraxteiv. Julien, Ep. 52; Hertlein, p. 561. — C'est le seul endroit des écrits de Julien où les chré-
as gwen
Il fallut toute la subtilité de Julien pour tourner contre Titus des paroles aussi raisonnables et aussi rassurantes. C’est ce qu’il essaya pourtant de faire par sa lettre aux Bostréens.
Il commence par revendiquer la reconnaissance à laquelle sont, dit-il, tenus à son égard « les chefs des Galiléens. » Car sous Constance plusieurs d’entre eux ont été bannis, persécutés, emprisonnés; des chrétiens furent égorgés comme hérétiques : des villages entiers furent détruits à la suite de discussions religieuses. Julien, au contraire, a rappelé les exilés et leur a rendu leurs biens. Aujourd’hui, cependant, que voit-on? Ayant perdu le pouvoir de tyranniser, « n'ayant plus la faculté de rendre la justice, d'écrire des testaments, de s’approprier des héritages, de tirer tout à eux!, » les hommes « qu'on appelle clercs » cherchent à exciter des séditions, à soulever leurs ouailles contre les adorateurs des dieux, à combattre les édits « philanthropiques » rendus par le restaurateur de l’ancien culte.
Celui-ci, cependant, n’a nullement l'intention d'user de contrainte envers les adversaires de ses idées. « Nous ne permettons pas qu'on les traine de force devant les autels des dieux. Au contraire, nous déclarons formellement que si quelqu'un d'eux désire participer à nos lustrations et à nos offrandes, il doit d’abord se purifier, et se rendre les dieux propices. Si loin sommes-nous de vouloir que ces impies aient part à nos cérémonies
liens soient appelés autrement que « Galiléens ; » mais la phrase n’est pas de Julien, puisqu'elle est tirée textuellement de la lettre de l’évêque de Bostra.
1. Allusion à la juridiction civile et criminelle que les empereurs chréliens avaient attribuée aux évêques. Voir t. I, p. 120.
saintes, avant d’avoir lavé leurs âmes par des supplications aux dieux et leurs corps par des ablutions légales!! »
« Il m'a donc paru bon, continue Julien, de faire savoir à tous les peuples, par le présent écrit, et de déclarer formellement qu'il est interdit de se révolter avec les clercs, de se laisser entrainer par eux à jeter des pierres et à désobéir aux magistrats. Ils peuvent cependant s’assembler tant qu'ils le voudront, et prier selon leur coutume. Mais ils ne doivent pas se laisser gagner à la rébellion, et faire cause commune avec elle; sinon, ils seront punis?. »
Ici commence la partie insidieuse du rescrit. « J’adresse celui-ci, dit Julien, d'une manière spéciale à la ville de Bostra, parce que son évêque Titus et son clergé, dans le mémoire qu'ils m'ont présenté, ont accusé le peuple qui leur est soumis, disant qu’ils l'avaient engagé à ne pas se révolter, mais que le peuple s'était jeté dans le désordre. » Julien reproduit ici la phrase de la lettre de Titus que nous avons citée plus haut et continue : « Voici quelles sont, sur vous, les paroles de votre évêque. Vous voyez que ce n’est pas à votre bon vouloir qu'il attribue votre modération : c’est malgré vous, dit-il, que vous avez été contenus par ses exhortations. Chassez-le donc, sans hésiter, de votre ville, comme s'étant fait votre accusateur 5. »
Dans cette phrase est, sans contredit, le mot important de la lettre : c’est pour l’amener que tout le reste