‹ julien l'apostatChapitre 3 sur 229 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

D'Ancyre, Julien traversa en ligne droite la Cappadoce, par la longue voie romaine qui laisse à gauche le fleuve Halys, à droite le lac Tatta, et passe par Tyane avant d'arriver au Taurus. Il ne paraît pas avoir été tenté de se détourner de sa route pour revoir, au pied du mont Argée, le château de Macellum, plein de ses souvenirs d'enfance, et pour visiter la métropole de la province, Césarée. Cette ville lui était désagréable. La majorité de ses habitants professait le christianisme. Sous Constance, son sénat municipal avait ordonné la démolition des temples de Jupiter et d’Apollon, devenus probablement inutiles !. Récemment, à l’époque même où Julien était à Ancyre, le peuple de Césarée, joint à quelques évêques de la province, avait élevé au siège épiscopal vacant un des plus riches euriales, uommé Eusèbe. Comme l'élection avait causé quelque tumulte, le gouverneur poursuivit la déposition du nouvel évêque. C’était entrer dans les intentions de l’empereur, qui voyait avecirritation un laïque influent quitter l'assemblée municipale pour devenir le chef du clergé. Peut-être Les prélats consécrateurs auraient-ils faibli, si celui qui avait eu une part prépondérante dans l'élection, le vieil évéque de Nazianze, père du condisciple de Julien, n'avait pris la parole en leur nom. « Très illustre seigneur, écrivit-il au préfet, nous ne reconnaissons pour roi et pour juge de ce que nous faisons que Celui que l’on persécute aujourd’hui. C’est lui qui examinera l'élection que nous avons faite dans toutes les règles, et d’une manière qui lui est très agréable. Si vous voulez user de violence, il vous est facile de le faire en toute autre chose : mais

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