Sozomène, V
personne ne nous Ôtera le pouvoir de soutenir que nous avons agi dans la plénitude de notre droit. À moins que vous ne prétendiez aussi nous prescrire des lois en une matière qui ne regarde que nous et notre religion, et dont il ne vous est pas permis de vous mêler !!»
Cette lettre, nous dit le second Grégoire, fut admirée du gouverneur, bien qu'il fit semblant d’être mécontent; elle mit fin, pour le moment, à toute représaille envers Césarée. Le passage de Julien à travers la Cappadoce paraît, cependant, avoir été marqué par des violences. Saint Grégoire parle de troupes d’archers, conduits par un officier, qui entraient dans les églises pour se les faire livrer. Peut-être s’agissait-il d’églises bâties sur l'emplacement d'anciens temples. Une expédition de ce genre fut faite contre Nazianze. « Le petit évèque de cette cité secondaire, » selon l'expression de son panégyriste?, montra une grande énergie. Quand l'officier et ses hommes entrèrent dans la ville et demandèrent, au nom de l’empereur, qu'on leur livrât le sanctuaire 3, ils rencontrèrent un refus absolu; et « si le chef n’eût cédé, soit à mon père, soit à sa propre prudence, soit à quelques sages avis, écrit Grégoire, il eût probablement été chassé de l’église à coups de pieds #, » L'évêque de Nazianze convoquait souvent les fidèles de sa ville à des prières publiques. Tant que dura la persécution, il redoubla, chez lui, d’austérités : ses nuits se passaient dans
1. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XVIII, 34. — Sur cet épisode, voir Saint Basile, p. 48-52.
2. Toÿ puxporokrou nai the xaédpas Tà devrepa Éyovroc. Saint Grégoire de Nazianze, L. c.