‹ julien l'apostatChapitre 32 sur 229 · évra yéuet, mévra mo)Aod. Jbid., p · texte numérisé non relu

évra yéuet, mévra mo)Aod. Jbid., p

prendre le temps de se renseigner par une sérieuse enquête, il s’improvisa, devant eux, l'interprète des passions irréfléchies du vulgaire, leur laissa entendre qu’à ses yeux, comme aux yeux de la foule, ils étaient des accapareurs, et « leur expliqua le devoir de sacrifier au bien public l'espoir d’un gain fondé sur l'injustice !. »

Si à toute époque la limite entre les spéculations permises et celles qui sont contraires à l'humanité et à la justice reste difficile à tracer, il en devait être surtout ainsi en un temps où la science économique était encore dans l'enfance. Les cœurs les plus généreux se laissaient parfois entrainer à des sévérités qu’on aurait peine aujourd’hui à ne pas trouver excessives. Un illustre enfant d’Antioche, Jean Chrysostome, dont la jeunesse est contemporaine du séjour de Julien en Syrie, professe, à cet égard, des idées qui n’iraient à rien moins qu’à interdire au commercant et à l’agriculteur la recherche du profit légitime. Il condamne celui qui vend son blé ou son vin soit dès la récolte, soit au contraire après un temps assez long, pour profiter du moment où les prix seront en hausse *. Mais on ne saurait nier que beaucoup de propriétaires de vignobles, de plants d’oliviers ou de terres à céréales ne montrassent, dans bien des circonstances, une inhumanité condamnable. IL y en avait qui, déçus dans leurs calculs, et voyant tout à coup les prix s’avilir, aimaient mieux vider les tonneaux de terre cuite où ils avaient gardé leur vin, ou noyer dans l’Oronte les sacs de blé amassés dans leurs caves ou dans leurs greniers que d'en faire largesse

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