Libanius, De Vita; Reiske, t. I, p
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Une autre mesure, inventée par Julien dans l’unique but de vexer les chrétiens, n’eût pas été, si on l'avait prise au sérieux, de nature à ramener l'abondance sur les marchés. Julien ordonna d’arroser d’eau lustrale toutes les denrées exposées en vente à Antioche. Il pensait par ce moyen troubler la conscience des gens timorés,; quelques-uns s’imagineraient qu'il leur était défendu d'acheter des vivres ainsi consacrés aux démons, et se trouveraient placés entre les nécessités les plus urgentes de l'existence matérielle et un scrupule religieux ; d’autres, que le besoin aurait fait passer outre, se croiraient coupables d’apostasie, et perdraient ainsi pour l'avenir leurs forces de résistance. Heureusement la population chrétienne vit clair dans le jeu du persécuteur. Elle se souvint de l’enseignement du Seigneur : « Rien de ce qui vient du dehors ne peut souiller l’homme; c’est de lui-même, de ses pensées mauvaises, que viennent les souillures !. » Elle se rappela la recommandation faite par saint Paul aux fidèles de Corinthe, pour les rassurer contre la crainte de toucher à des viandes provenant de sacrifices : « Mangez ce qu’on vous présentera, sans faire de questions et sans tourmenter vos consciences ?. » Ceux d'Antioche suivirent cette règle, et achetèrent des vivres, ne s’inquiétant pas si ceux-ci avaient reçu ou non des gouttes d’eau lustrale. De même ils puisèrent sans scrupule aux innom- . brables fontaines qui faisaient la richesse et la beauté de la métropole syrienne, malgré le soin pris par Julien d'y faire jeter quelques débris des sacrifices. Le spiritua-