‹ julien l'apostatChapitre 5 sur 229 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

la prière et dans les larmes : son fils, ou ses serviteurs, entr'ouvrant la porte de sa chambre, le trouvaient, malgré son grand âge, couché sur la terre nue !.

Il est probable que les rigueurs de Julien furent adoucies, en Cappadoce, par la modération du gouverneur Candidien. Tous les païens ne partageaient pas les passions haïineuses de leur prince. Beaucoup d’entre eux, même sous son règne, cherchaïient à concilier les devoirs quelquefois pénibles des fonctions officielles avec d’anciennes relations ou d'anciennes amitiés. Candidien connaïssait depuis longtemps le jeune Grégoire de Nazianze : ils étaient nés dans la même province : peut-être avaient-ils été condisciples à l'université d'Athènes. On les voit en correspondance amicale pendant la persécution de Julien. Grégoire loue l’équité du magistrat, sa clémence; il le félicite d’être un excellent connaisseur des choses de l'esprit, et de pratiquer avec succès l’art de la parole. Ii entremêle ses compliments de citations de Pindare et d'Homère, en homme qui fait peu de cas des efforts de Julien pour détacher les chrétiens de la culture hellénique. La fin de la lettre est très remarquable : elle montre comment pouvaient encore causer, dans l'intimité, un prêtre chrétien et un administrateur païen, à l’époque où Julien se flattait d’avoir creusé un abime infranchissable entre les tenants de l’ancien culte et les membres de l'Église.

« Ce que j'admire le plus dans ta vertu, écrit Grégoire à Candidien, c’est de te voir supérieur aux difficultés et aux iniquités de ce temps. Tu professes la religion hellénique, et tu rends à celui qui règne aujourd'hui ce qui

Page 1