Ibid. ; et Philostorge, VII
vaient de frapper les imaginations. Les sources si abondantes qui alimentaient d’eau la ville d’Antioche, baissèrent au point qu'on craignit de les voir tarir : les chrétiens virent dans ce fait sans précédent une expiation des sacrifices que Julien avait offerts aux Nymphesf. De toutes parts arrivaient des nouvelles de disettes, de tremblements de terre : beaucoup de villes furent à demi renversées en Palestine, en Libye, en Grèce, en Sicile ? : Nicomédie, déjà en ruines par le tremblement de terre de 358, achève d’être abattue par celui de 362, qui n’épargna pas Nicée 5, et se fit sentir aussi à Constantinople 4. Aux membres persécutés de l'Église, ces événements étaient une marque de la colère divine, allumée par l’apostasie de l'empereur : les païens ne pouvaient s'empêcher d’y voir un présage funeste pour l'expédition lointaine qui se préparait ?.
C'est au milieu de tels événements qu'il convient de se placer, si l’on veut admirer un sophiste. Il semble que pour cette classe d'hommes ait été écrit l’Impavidum ferient ruinæ. Is assisteraient impassibles à l’écroulement d’un monde, s’ils y pouvaient trouver une belle matière à mettre en vers latins ou en prose grecque. Devant Rome en feu, Néron chantait l’embrasement de- Troie : moins tragiquement, Libanius avait composé en 358 une première déclamation sur la ruine de Nicomédief; en 362, l’incorrigible homme de lettres vit dans
1. Saint 'Jean Chrysostome, In sanctum Babylam contra Julianum et Gentiles, 25 ; Ammien Marcellin, XXII, 13.