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tiens constitueront ainsi, à eux seuls, au moyen d’une contribution levée sur leur capital ou leur revenu, le trésor de guerre qui subviendra aux frais de l’expédition future !. Enfin, si un contemporain, parlant à des contemporains, ne l’affirmait, on hésiterait à croire que Julien ait rendu une ordonnance attestée de la manière la plus formelle par saint Grégoire. Julien, dit-il, qui donnait toujours aux chrétiens le nom de Galiléens, en fit, « par une loi, » leur appellation officielle ?. C'était évidemment, dans sa pensée, leur retirer tout caractère universel et « catholique, » pour ne leur laisser que celui d’une petite secte locale. Il est probable qu'il eut cette étrange idée pendant qu'il travaillait au livre destiné à « venir au secours des dieux, » c’est-à-dire à combattre et à rabaïsser le christianisme.
L'hiver de 362-363 fut laborieux pour Julien. Outre
1. Eidtc d Goa nodemos Eyer xaxù, xal &ç Ro]GVY Cettat YPNULÉTEV, rai dyeu ToûtTwv où zatopbobtar, navobpyws ÈTEVONGE GUXREYEL TÈ YOAUATE ap Toy Xouctiavov rois yap un Boulouévors Büerv, Enéônze ypnuatixnv xatadirnv, Kai anatrnots xuta T@y &An0@s yorotiavéovrwv Éyivero oüvrovos. "Exactos yao xarù Tv Ürapétv &va)6yuws èsépepe. Socrate, IIT, 3. L'historien ajoute que cette taxe fut levée, non seulement dans les lieux où passait l’empereur, mais même dans ceux où il n’alla pas. Il semble cependant résulter de ces termes mêmes qu’une contribution de cette nature ne frappa que les contrées exposées à la guerre, et-n'eut pas de répercussion hors de l'Orient. — Rüde (Gesch. der Reaction Kaiser Julians g. die chrisil. Kirche, p. 86) suppose (à tort, selon moi) que Socrate fait seulement allusion ici aux amendes prononcées contre les chrétiens qui refusaient de saluer les statues de Julien ornées d'emblèmes païens.
2, Faltatous &vri Xototrav@y ôvouaoas te xai xaheïoar vouobsthous. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio IV, 76. — Cette attribution officielle, par loi ou par édit, d’un nom de mépris à une secte condamnée était dans les habitudes du quatrième siècle : un an après la condamnation d’Arius, Constantin ordonne que cet hérésiarque et ses sectateurs soient désormais appelés « Porphyriens, » du nom d'un des plus célèbres ennemis du christianisme. Socrate, I, 9.
quelques écrits de moindre importance f, il y composa à la fois le discours sur le Roi Soleil ? et ce livre contre les chrétiens. Il est vrai que le discours lui coùta peu de temps, puisque, de son propre aveu, Julien l’acheva en trois nuits 5. L'ouvrage contre les chrétiens demanda certainement un plus long effort. Libanius dit que Julien y consacra « les longues veillées de l'hiver. » Le sophiste, qui assista probablement à sa composition, ou en fut au moins l’un des premiers confidents, en définit le caractère en ces termes : « L'empereur y attaquait, par une longue argumentation et par la force du raisonnement, les livres qui font Dieu et fils de Dieu un homme de Palestine, et montrait le ridicule et l’inanité de ce qu'on adore en lui #. » Mais il ne nous dit point si l’ouvrage était depuis longtemps projeté par Julien, ou si quelque circonstance soit accidentelle, soit même locale, le détermina à l’entreprendre. Je crois volontiers que c'est à Antioche qu’il en eut la première pensée : vraisemblablement il y fut provoqué par les protestations courageuses dont ses tentatives de réforme païenne étaient l’objet de la part d’un prêtre érudit de cette ville, qui avait peut-être été son condisciple à l’université d'Athènes, Diodore, le futur évêque de Tarse. Dans une lettre dont j'ai déjà parlé, au’il écrivit à l’hérésiarque Photin , Julien annonce son dessein d'écrire contre « le nouveau dieu galiléen » et couvre d'opprobres « Dio-
1. AVEU mov xal xal@v Étépov X6ywv. Libanius, Epitaph. Juliani; Reiske, t. I, p. 581.