Voir t. II, p
et qui, dit-il, lui a souvent à lui-même révélé des remèdesf.
Si les Hébreux sontinférieurs aux Hellènes, les chrétiens sontinférieurs aux Hébreux. Ils interprètent mal les livres de Moïse et des prophètes, et voient à tort dans les prédictions qui y sont contenues l'annonce de Jésus. Contrairement à l'unité divine, proclamée par ces livres, ils osent dire que le Christ est Dieu, ce que ni Matthieu, ni Marc, ni Luc eux-mêmes n'avaient dit, mais ce qui est de l’invention de saint Jean. Ils n’observent plus la loi des Juifs, bien qu'il ait été annoncé qu’elle durerait éternellement. Ils ne pratiquent point la circoncision, prétendant, avec Paul, que la circoncision du cœur a été prescrite, et non celle de la chair. Ils ne font pas, depuis une prétendue vision de Pierre, la distinction des aliments purs et impurs. Ils remplissent tout de tombeaux et de sépulcres, et se livrent au culte des morts, malgré les paroles de Jésus-Christ lui-même. Ils rejettent les sacrifices, commandés par Moïse, et pratiqués encore par les Juifs. Ils condamnent la divination, bien qu'Abraham ait pratiqué l’art auguralet l’haruspicine. Sur cette dernière assertion se terminent les fragments du Contra Christianos ?.
Dans le passage final consacré à Abraham se trouvent des paroles curieuses, qui seraient mieux placées dans le paragraphe où Julien parle des dieux nationaux. Mais on se souvient de ce qu'a dit saint Cyrille des circuits fréquemment suivis par la pensée de Julien et de la manière imprévue dont la même idée reparaît parfois en divers
1. Saint Cyrille, V, VI, VII; Neumann, p. 188-207. 2. Saint Cyrille, VII-X; Neumann, p. 207-233.
endroits du livre. Le passage dont je parle marque clairement la situation prise, tant au point de vue doctrinal qu'au point de vue politique, par Julien dans ses rapports avec la religion des Juifs. Il vient de reprocher aux chrétiens de ne point manger des azymes et de ne point célébrer la pâque hébraïque. Il à reproduit la réponse faite par les chrétiens à ce reproche : « Le Christ, qui s’est une fois immolé pour nous, est le véritable agneau pascal. » Et il conclut : « Certes, par les dieux! je suis un de ceux qui détournent de prendre part aux fêtes des Juifs. Cependant j'adore toujours! le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Ceux-ci, étant Chaldéens, la race sainte et théurgique, ont appris la circoncision en voyageant chez les Égyptiens. Ils honorèrent un Dieu, qui sera propice à moi et à tous ceux qui l’honorent, comme fit Abraham, un Dieu très grand et très puissant, mais qui n’a rien de commun avec vous. Car vous n'imitez pas Abraham en lui élevant des autels, en construisant des lieux de sacrifice, à l'exemple de celui-ci, et en Le servant par des cérémonies saintes?. »
Julien n’est pas le premier qui ait écrit contre le ni tianisme : il serait intéressant de rechercher ce qu'il doit à ses devanciers. Rien peut-être à Hiéroclès, qui parait s'être toujours préoccupé d’opposer au Christ la figure à demi fabuleuse d’Apollonius de Tyane, dont ne parle jamais Julien. Probablement quelque chose au célèbre