‹ julien l'apostatChapitre 73 sur 229 · Libanius, £pitaphios Juliani ; Reiïske, t. I, p · texte numérisé non relu

Libanius, £pitaphios Juliani ; Reiïske, t. I, p

explique, dans une lettre, qu’ « avec l’aide des dieux, des déesses, des Muses et de la Fortune, » il a voulu « dépouiller de sa divinité le nouveau dieu des Galiléens, » et prouver « par l’indignité de sa mort et de sa sépulture » que « son éternité n’est qu'une fable! » Mais il ne peut faire cette démonstration sans reconnaître la réalité de celui dont il poursuit la déchéance. Homme ou Dieu,c’est un personnage de l’histoire qui est devant lui. Plus il rabaïsse le « sujet de César, » connu seulement « depuis trois cents ans, » qui « na rien fait qui soit digne de mémoire, à moins qu'on ne regarde comme un grand exploit de guérir des boiteux et des aveugles et d’exorciser des possédés dans les villages de Bethsaïde et de Béthanie?, » plus, en quelque sorte, il rend sensible la personne de son adversaire. S'il parle avec tant d’aversion de « ce mort 5, » c’est parce que « ce mort » a vécu. S'il reproche amèrement au christianisme d’être la religion des tombeaux, le culte des adorateurs de sépulcres, ce n’est pas seulement par cette horreur toute païenne pour ce qui rappelle la mort etles funérailles, dont on retrouve la marque dans un de ses éditst; c’est surtout parce que le tombeau de Jésus, les tombeaux comme les reliques des martyrs, attestent l'existence du Sauveur et l’héroïsme de ses disciples. La vénération pour «le bois de la croix, » dont

1. « Quod si nobis opilulati fuerint dei et deæ et Musæ omnes et Forluna, ostendemus... illum novum... deum Galilæum, quem æternum fabulose prædicat (Diodorus), indigna morte et sepultura denudatum confictæ... deitatis. » Julien, £p. 79; Hertlein, p. 606.

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