Voir tome I, p
vient que, dans la grande production littéraire de l’antiquité, la plupart des œuvres médiocres ont péri. Celleslà surtout qui n'avaient qu'une importance passagère, une valeur de circonstance, ont disparu sans laisser de trace. Le petit nombre des exemplaires d’abord copiés s'était vite perdu, et on n'avait pas cherché à les renouveler. Il en dut être surtout ainsi des écrits de polémique. Ceux-ci n'intéressent que pendant quelque temps, et parfois n'intéressent qu'une quantité restreinte de personnes. Il arrive souvent qu'ils intéressent ceux-là seuls contre qui ils sont dirigés. Selon toute vraisemblance, les païens lisaient peu les livres composés contre le christianisme. Les chrétiens les lisaient, pour connaître les objections ou pour les réfuter, mais ne se souclaient pas de multiplier par des copies les ouvrages de leurs adversaires. De là vient que la plupart de ces ouvrages, selon la remarque de saint Jean Chrysostome, eurent la vie courte. « Les uns, dit-il, ont depuis longtemps péri; les autres périrent en naissant!. » Et ïl ajoute : « Si quelqu'un d’entre eux subsiste, c'est qu'il est conservé chez les chrétiens?. » Les bibliothèques des églises recueillaient avec soin, en effet, les écrits hétérodoxes. C'était une tradition remontant à l’époque même des persécutions #, et qui se continua pendant plusieurs siècles #. IL est probable qu’à l'époque où saint
1. Saint Jean Chrysostome, In sanctum Babylam contra Julianum et Gentiles, p. 2.