Ibid
3. Saint Augustin, Brev. coll. cum Donat., I, 13. — Voir La Persécution de Dioclétien, 2° éd., t. I, p. 200.
4. De Rossi, De origine, historia, indicibus scrinii et bibliothecæ sedis apostlolicæ, p. Lxx. — Cf. mes Études d'histoire et d'archéologie, p. 132.
Jean Chrysostome tenait le langage que nous venons de rapporter, c’est-à-dire vingt ans après la publication du livre de Jalien!, il ne restait de celui-ci que de rares exemplaires, pour la plupart gardés dans quelques bibliothèques chrétiennes.
Ce qui semble indiquer qu'au moment de son apparition le livre fit peu de bruit ou peu de mal, c’est que les chrétiens les plus considérables ne songèrent pas alors à le réfuter. Ni Basile, qui se renferma toujours à l'égard de Julien dans une réserve un peu dédaigneuse, ni Grégoire de Nazianze, n’écrivirent à ce sujet. Les deux discours prononcés par ce dernier après la mort de Julien, rappellent avec indignation beaucoup de ses actes : son livre contre les chrétiens n’y est même pas nommé. Le seul des hommes célèbres de cette génération qui semble s’en être ému est le fécond Apollinaire de Laodicée. Peut-être craignit-il que les idées soutenues dans l'ouvrage polémique de Julien ne devinssent le fond de l’enseignement officiel, depuis que les païens en avaient reçu le mononole. Il est difficile de ne pas entendre d’une réponse d’Apollinaire au Contra Christianos l’allusion de Sozomène à « un livre remarquable écrit par celui-ci contre l’empereur et contre les philosophes hellènes et intitulé : De la vérité?. » L'auteur, continue Sozomène, « y montrait, sans invoquer aucun texte de l'Écriture sainte, que ceux-ci, entrainés par de vaines erreurs, pensent de Dieu autrement qu'il ne convient *. » On se souvient que l’une des parties du livre de Julien
1. Les homélies In sanctum Babylam furent prononcées pendant le diaconat de Chrysostome, c’est-à-dire entre 381-386.