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Saint Jérôme, Chron.; Socrate, II, 33; Sozomène, IV

des sacrifices publics. Ils répondirent habilement que leur loi religieuse leur défendait de sacrifier ailleurs que dans le temple de Jérusalem, maintenant détruit. C'est alors, d'après le même récit!, que vint à Julien l’idée extraordinaire de les rassembler de nouveau en un corps de nation, de leur refaire un centre et une capitale, en rendant pour eux à Jérusalem son caractère de ville sainte.

C'était. rompre avec toute la politique suivie à leur égard par l’Empire depuis la fin du premier siècle. Les empereurs avaient entrepris de détruire la vivace nationalité juive, en écrasant ce nid de fanatisme et de révolte que, dès le lendemain de la mort du Christ, était devenue Jérusalem. Vespasien et Titus, puis Hadrien, avaient expulsé les Juifs de la ville sainte, et fait de la Judée un désert?. Mais, respectant et redoutant tout ensemble ce peuple indomptable, qui ne voulait pas mourir, ils accordèrent aux Juifs de la dispersion tous les privilèges compatibles avec l'exil et l’obéissance. De là, l’existence demi-indépendante de leurs communautés, des exemptions de toute sorte, politiques et pécuniaires, leurs coutumes nationales maintenues, leur religion tolérée. À l'encontre des autres sujets de Rome, qu'elle s'était vite assimilés, eux demeuraient irréductibles, race à part, nationalité distincte, religion séparée, mœurs traditionnelles, inoffensifs seu-

1. Saint Jean Chrysostome, {n sanctum Babylam contra Julianum et Gentiles, 22; Socrate, III, 20.

2. Voir Tillemont, Histoire des Empereurs, t. 1, p. 464-674; t. IT, p. 303-318; Champagny, Rome et la Judée, 3° éd., p. 55-225 ; et dans l'Église chrétienne de Renan le ch. x : Disparition de la nationalité juive. — « Les ci-devant Juifs, » où mot: ‘Joudator, dit une inscription de Smyrne contemporaine d'Hadrien.

lement parce qu'ils étaient répandus sur toute la surface du monde romain, en Europe, en Afrique, en Asie, au lieu d’être concentrés en un même pays. Rendre des frontières à ce peuple qui n’était faible qu'à condition de n’en pas avoir, rallier ces divers groupes qui n'étaient sans danger que parce qu’ils demeuraient isolés, était, au point de vue de la politique romaine, un monstrueux contresens. Un pareil dessein pouvait venir seulement à l'esprit d’un prince étranger à toutes les traditions du gouvernement, ou dominé par une idée fixe, qui le rendait indifférent à l'histoire, à la prévoyance, au sentiment du péril national, pour ne plus lui laisser voir que son rêve.

Tel était malheureusement devenu Julien. Dix ans après que ceux des Juifs qu'une lente infiltration avait ramenés en Palestine s'étaient soulevés, « avaient pris les armes en déclarant qu'ils n’obéiraient plus aux Romains!, » et n'avaient pu être soumis de nouveau qu'’après avoir fait verser des flots de sang, Julien prenait la résolution de relever leur temple, symbole par excellence de leur nationalité et de leur religion, et de rétablir alentour « l'unité juive, » au risque d'en refaire une menace pour l'unité romaine. Tout autre intérêt s’effaçait à ses yeux devant le désir de s'appuyer sur les Juifs dans son entreprise contre le christianisme, de voir un peuple de plus recommencer l’immolation des bœufs ou des brebis*?, et surtout de donner un démenti aux paroles de Jésus-Christ3. « C'est pour mettre

1. "On ve dpauevor, meileotor ‘Pwpators oùx nveiyovro. Sozomène, IV, 7.

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