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INSTRUCTION NOUVELLE

Sur la manière de recueillir et de présenter les observations fournies par l'emploi médical des eaux minérales et des eaux de mer.

L'académie royale de médecine, en cherchant à se rendre compte des avantages que l'art de guérir avait pu retirer jusqu'à présent des relations établies entre elle et les médecins inspecteurs des eaux minérales, a reconnu que ces avantages étaient restés fort au-dessous des espérances dont elle s'était flattée, ce qu'elle a généralement attribué aux bornes étroites dans lesquelles se trouve enfermée cette communication scientifique. Réduit en effet à la rédaction et à l'envoi de quelques tableaux synoptiques, ce mode de communication est non-seulement insuffisant, mais encore entaché d'un vice capital qui a dû rendre ces sortes de statistiques médicales à-peu-près infructueuses. Ce défaut consiste à nous laisser ignorer les

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Siemens des faits qui remplissent ces cadres , à nous les présenter comme identiques lorsqu'ils sont naturellement dissemblables, et à nous cacher ces dissemblances, qui sont si nombreuses dans les maladies chroniques, sous des résumés généraux, composés selon la manière de voir et l'exactitude relative de chaque observateur. A la vérité quelques-uns des médecins inspecteurs ont soin de joindre à ces relevés numériques un certain nombre de ces mêmes faits présentés en détail sous forme d'observations individuelles; mais outre que cet utile supplément n'est pas généralement fourni, rarement se trouve-t-il proportionné à la masse totale des faits. Dès-lors, les observations dont il se compose ne peuvent servir de base à des données exactes, parce que, choisies surun grand nombre d'autres, ces observations doivent cette préférence à des motifs ignorés ou fort difficiles à apprécier, parce qu'elles sont présentées sous des points de vue très variables et d'après le système médical propre à chaque médecin , et parce qu'enfin, faute de renseignemens ultérieurs, elles nous donnent, comme résultats définitifs des traitemens opérés aux eaux , des guérisons ou des soulagemens d'une durée tout-à-fait indéterminée. Or dans l'incertitude où nous sommes sur les qualités respectives des eaux, sur leurs variations accidentelles, et particulièrement sur le mode et la durée des guérisons qu'elles opèrent, de pareils résumés, des observations aussi tronquées, ne lèveront aucun doute, ne feront luire aucune vérité sur cette partie stationnaire de la science.

Si nous voulons méthodiquement l'approfondir, il faut, de toute nécessité, suivre la marche qu'une saine philosophie nous a depuis long-temps indiquée comme la seule qui mène à la vérité, surtout en médecine pratique. On n'atteint pas ce but en s'entourant de tableaux synoptiques, d'aperçus généraux, mais en consultant, si

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l'on peut les faire soi-même , de grandes collections de faits individuels et complets. C'est précisément le contraire de ce qui a été fait jusqu'à 'présent, et de ce que nous continuerions de faire sans avantage pour la science, si nous ne renoncions pas enfin à ces stériles additions de faits préseutés en masse, abstraction faite des différences individuelles qui appartiennent à chaque maladie, et d'une autre différence bien plus importante encore, qui appartient à chaque traitement, et sur laquelle nous devons nous arrêter un moment. Nous voulons parler du défaut de renseignemens sur la persistance de la guérison.'

Pour bien se pénétrer de la nécessité d'en constater la durée, il faut d'abord se représenter qu'un des caractères les plus constans des maladies chroniques est d'être intermittentes, d'affecter à des intervalles plus ou moins éloignés une disparition quelquefois si complète et si durable de leurs symptômes, qu'elle peut être prise pour guérison par les patriciens les plus consommés,' comme parle malade qui puise, dans ces variations, toutes les illusions de l'espérance. Remarquons encore que ces fausses guérisons sont d'autant plus ordinaires que la maladie est moins avancée, et qu'il suffit alors pour qu'elles se produisent, d'un changement total ou de remèdes, ou de médications, ou de manière de vivre, ou de séjour. Le malade qui arrive aux eaux se trouve placé tout-à-coup sous l'action réunie de ces puissantes causes d'amélioration. D'autres non moins favorables viennents'y joindre; ce sont les bénéfices du voyage, l'influence des beaux jours et des beaux lieux, les distractions qu'on trouve dans une société nouvelle et variée, enfin la contagion de l'espérance, qui gagne tous les malades à l'aspect, et plus encore, au récit des guérisons merveilleuses opérées sur les bords de ces sources bienfaisantes.

Au milieu de ces nombreux agens de guérison ou de

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soulagement, la maladie disparaît ou s'amende. Jusqu'à quel point cette disparition ou cet amendement peuventils être considérés comme guérison ou acheminement à la guérison? C'est ce qui ne peut être décidé que par le temps, c'est-à-dire par quelques mois, par l'épreuve d'un hiver, par le cours même d'une année. Et cependant tous ces résultats incertains vont figurer comme positifs et définitifs dans le tableau hâtif exigé du médecin inspecteur. Ce n'est pas tout encore; d'après les observations des médecins livrés à l'étude ou attachés à l'administration des eaux minérales, leur action serait de nature à se prolonger de plusieurs semaines, et même de quelques mois au-delà du temps de leur administration; quelquefois même elle nese manifesterait d'une manière sensibiequ'après cet intervallede temps. Il résulterait de là que des guérisons qu'on n'aurait point obtenues eu qu'incomplètement obtenus dans l'établissement thermal, s'effectueraient ouse compléteraient quelque temps après par l'action latente et prolongée des eaux précédemment employées. Ce phénomène thérapeutique. n'a rien d'impossible, et n'appartientpas exclusivement à cette espèce de médication; maison en a beaucoup trop généralisé l'influence en l'attribuant indistinctement à toutes les eaux, et supposantquetouslesmalades en sont également susceptibles. lln'en est pasmoins vrai cependantquece point de la thérapeutique thermale a besoin d'être soigneusement étudié, et que les tableaux synoptiques, tels qu'ils ont été conçus jusqu'à présent, ne peuvent recevoir aucune observation qui s'y rapporte, ni présenter, par la même raison, une évaluation juste du nombre total des maladies guéries, soulagées ou exaspérées par l'administration des eaux.

On pensera sans doute, et l'on est probablement tout prêt à nous objecter que ces inconvéniens, reconnus par tous les bons esprits, sont inhérens aux tableaux synop-

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tiques, aux résumés généraux , et que nous sommes forcés de nous en contenter, dans l'impossibilité où se trouveraient les médecins inspecteurs de recueillir et de transmettre à l'académie l'histoire particulière de tous les individus traités dans les établissemens thermaux. Sans doute il faudrait y renoncer si, pour être valables, ces observations privées devaient être présentées dans tous leurs détails et avec toutes les circonstances qui ont précédé, accompagné et suivi la maladie et son traitement; mais il n'en est pas besoin pour le but que nous nous proposons. Ce qu'il nous faut ici, c'est une exposilion analytique de chaque fait, des sommaires d'observations, tels qu'on a l'habitude à présent, et pour le soulagement de notre mémoire, et pour l'économie de notre temps, d'en tracer à la tête des histoires particulières de maladies. Au moyen de cette exposition analytique, rendue plus courte encore par quelques formules abréviatives, une collection entière de tous les faits observés dans un établissement thermal exigera, de la part du médecin inspecteur, moins de temps et de peine que n'en eût demandé la confection des deuxtableaux synoptiques. Car, pour les composer, ces tableaux, et s'en acquitter en conscience, nos confrères étaient nécessairement obligés de recueillir, d'assembler et d'évaluer des matériaux qu'il leur suffira de nous envoyer tout bruts. Ce que nous demandons, en un mot, n'est qu'une copie d'un registre qu'ils ont dû tenir de leurs soins et de leurs observations. Il ne faut, dans ce registre, s'il est convenablement divisé, qu'une seule ligne pour chaque malade, laquelle indiquera tout ce qu'il est important de connaître : son nom, s'il y consent, ou ses initiales, son numéro d'inscription, son âge, sa profession, le pays qu'il habite, la nature de sa maladie, les moyens thérapeutiques, y compris surtout les eaux minérales, déjà employés, enfin les eaux qui lui ont été ad-

ministrées dans l'établissement, les effets immédiats du traitement et ses effets subséquens. Ce dernier point, qui comprendra les renseignemens relatifs à l'état du malade dans le cours de l'année qui a suivi celle de son séjour aux eaux, et qui nous fera connaître si la guérison ou l'amendement de sa maladie est ou n'est point survenu, s'est ou ne s'est point maintenu, ce dernier document, disonsnous, présentera quelques difficultés; eiles consisteront dans de nouvelles et nombreuses informations ; mais ces informations il s'agira bien plus souvent de les recevoir que de les prendre! Il suffira pour le médecin d'une lettre à lui écrite par le malade, sur l'état de sa santé, neuf ou dix mois après le traitement qu'il a subi aux eaux. L'on peut croire que tous s'empresseront de satisfaire à l'invitation qui leur sera faite à ce sujet, au moment de leur départ; on en a pour garant la propension naturelle à tous les hommes de nous entretenir de leurs maux, nonseulement quand ils en souffrent, mais encore quand ils en ont heureusement triomphé! Ajoutons que, pour le plus grand nombre d'entre eux, leur état pourra être connu du médecin sans aucun embarras de correspondance; car le plus grand nombre ne manque pas de retourner aux eaux l'année suivante, soit dans le cas de guérison pour la consolider, soit en cas de soulagement momentané , dans l'espoir d'en obtenir un plus durable. Si le malade n'y reparaît pas, ce sera, parmi ceux qui y retournent , quelque ami , quelque connaissance qui pourra donner de ses nouvelles au médecin inspecteur. Aucun de ces moyens de communication u'a-til pu les fournir, les cahiers adressées à l'académie pourront y suppléer. C'est là qu'on pourra voir souvent les mêmes malades promener à différentes eaux leurs mêmes souffrances , et constater l'impuissance des eaux contre certaines maladies , ou leur efficacité comparative en cas

de guérison , ce qui ne sera pas un des moindres avantages de nos cahiers d'observations.

On a déjà compris que pour compléter par les renseignemens subséquens cette série de documens demandés pour chaque malade, il devenait impossible que cette collection de faits individuels pût être envoyée à la commission des eaux minérales dans la même année, comme cela s'est pratiqué jusqu'à présent.

Par suite donc de l'extension nouvelle donnée au travail de MM. les médecins inspecteurs, il est indispensable de prolonger d'une année entière le temps qui leur était donné pour la rédaction et l'envoi de leurs observations. Ainsi, ce ne sera qu'après la saison suivante, qu'ils auront à communiquer au gouvernement les histoires de traitement et toutes les observations individuelles et générales faites l'année précédente. Ce retard n'aura aucun inconvénient qu'on puisse mettre en balance avec l'avantage d'avoir des histoires de traitement complètes, et dont les résultats aient passé par l'épreuve du temps.

Ainsi, pour nous résumer, et d'après les motifs ci-dessus exposés, le compte rendu de leurs observations annuelles par MM. les médecins inspecteurs des eaux, différera de celui qui était usité jusqu'à présent par la forme, par le fonds et par le temps. Au lieu de deux tableaux synoptiques, ce sera un cahier composé de plus ou moins de feuilles selon le plus ou moins d'importance de l'établissement, mais dont le nombre, d'après le calcul approximatif qui en a été fait, ne s'élèvera jamais au-dessus de quinze. Au lieu de présenter un résumé des faits, une addition des hommes, des femmes, du genre des maladies traitées à l'établissement thermal , des moyens thérapeutiques et hygiéniques composant ces iraitemens évalués en masse, le registre contiendra l'ensemble de tous les

faits qui ont servi de base à ces résumés, c'est-à-dire rénumération de toutes les maladies et indispositions traitées aux eaux, avec les résultats immédiats et consécutifs de chaque traitement. Tout cela sera exposé dans une série de documens individuels renfermés, pour chaque malade, dans une seule ligne, qui, à la vérité, s'étendrait du verso au recto du cahier. Toutefois, comme cette collection de faits particuliers ne représente qu'une partie des observations et des recherches que doit embrasser tout plan d'étude dos eaux minérales, méthodique et complet, on a dû s'arranger pour que l'autre partie indépendante de ces mêmes faits pût trouver sa place dans le même cahier. Cette partie en occupera les deux dernières pages, qui seront divisées en cinq colonnes : la première comprendra la description de la constitution atmosphérique qui a régné avant, pendant et après la saison des eaux; la deuxième, la constitution médicale du pays dans le même temps; la troisième, les effets produits par les eaux qu'on aura pu expérimenter sur l'homme sain et sur les animaux dans l'état de santé et de maladie; la quatrième, les changemens accidentels qui surviennent quelquefois dans la quantité et les propriétés des eaux; et la cinquième, l'évaluation de l'argent reçu par la ferme des eaux ou laissé dans le pays.

Ces innovations ne sont pas les seules que l'académie royale de médecine ait jugé nécessaire d'introduire dans l'étude des eaux minérales et dans l'appréciation de leurs effets curatifs. Elle a pensé que ce travail serait plus complet et plus profitable à la science s'il était appliqué en même temps et de la même manière à l'étude médicale des eaux de mer. A en juger seulement par la nature comme par la quantité de ses composés, et par ce qu'on connaît déjà de ses propriétés éminemment excitantes, si favorables à la guérison des affections

scrofuleuses, cette eau mérite toute l'attention des praticiens, et doit figurer à côté des eaux minérales les plus énergiques et les plus salutaires.

Il est inutile de faire ressortir tous les avantages que doit retirer la science de cette nouvelle branche d'observations, non - seulement pour acquérir des idées nettes sur les propriétés médicales des eaux de mer, mais encore pour établir des rapports comparatifs d'action entre ces mêmes eaux et celles que fournissent les différentes sources thermales de la France. Messieurs les inspecteurs des thermes maritimes sentiront donc toute l'importance du travail qu'on vient de leur imposer, dans l'intérêt réuni de la science et de leur établissement. L'académie royale de médecine, qui a proposé de les assimiler en tout point à messieurs leurs confrères attachés à l'administration médicale des eaux minérales, n'aura pas conçu une vaine espérance en attendant de ce concours de leur talent et de leur zèle une abondante rétribution de faits exacts et complets. L'académie, en les recevant , n'oubliera pas qu'elle en doit compte à la science et que sa mission n'est pas seulement d'en être la dépositaire, mais encore de les rapprocher, de les comparer et de les élaborer, afin d'en déduire par la suite un corps complet de doctrine sur l'usage médical des eaux minérales et des eaux de mer. En attendant, et au moyen de ces observations, il sera facile à la commission que cet objet concerne, de soumettre chaque année à l'académie et au public médical, un rapport substantiel sur cette branche importante de la thérapeutique, et d'y traiter quelqu'une des questions capitales qui s'y rattachent.

Nous pourrons alors, avec connaissance de cause, établir la spécificité comparée des différentes sources minérales; leurs rapports, s'il y en a, entre les propriétés chimiques que l'analyse y découvre, et les effets curatifs

que la médecine en retire ; la différence proportionnelle de ces guérisons comparées (sous le rapport de leur nombre et de leur stabilité) à celles que nous devons aux autres agens médicamenteux et hygiéniques; la part de succès qu'ont eue à ces guérisons, d'après les quantités variables de bains et de boissons employés, les moyens accessoires du traitement, et surtout les changemens de lieux et d'habitudes. Nous pourrons encore peser les avantages et les inconvéniens des différentes méthodes empiriques suivies dans les divers établissemens thermaux pour l'administration des eaux; enfin, sous le rapport général des maladies chroniques qui s'y présentent en si grand nombre, et sous des formes si diverses, ces acquisitions scientifiques viendront ajouter beaucoup au riche héritage des trois Bordeu, qui ne répandirent tant de jour sur cette classe de maladies, que parce qu'ils les avaient étudiées sur ces grands théâtres d'observations.

Nous dirons à présent quelques mots sur la confection matérielle des cahiers d'observation.

Celles de ces observations qui en forment la seconde partie sous le titre d'observations générales (i), repré-

(i) Ces observations générales portent i0 sur la constitution atmosphérique, avant, pendant et après la saison des eaux; 20 sur la constitution médicale du pays dans la même période : 3» sur l'action des eaux sur l'homme dans son état de santé et dans son état de maladie ; 4° sur l'action des eaux expérimentée sur les animaux sains et malades ; 50 sur le changement survenu dans les propriétés des lieux ; 6° enfin sur le produit de la ferme des eaux et sur l'argent laissé dans le pays.

Les observations individuelles comprennent i° les noms, domicile, âge, tempérament; conslituliou , profession ou genre de vie de celui qui prend les eaux ; 20 la désignation de la maladie, ou, si elle n'est pas caractérisée, l'exposition [des principaux symptômes; 3° les années ou mois de durée ; 4° les eaux minérales et autres moyens déjà employés; 5° le traitement fait dans l'établissement thermal par les boissons, les bains, les douches, les étuves et les moyens accessoires; 6° l'état du malade à son départ de rétablissement; 7° l'état du malade dans le cours de l'année suivante.

sentant à pende chose près les anciens tableaux fournis annuellement par MM. les médecins-inspecteurs, pourront être rédigées à-peu-près de même, et n'exigent par conséquent aucune explication. Mais il n'en est pas de même des observations individuelles qui composent la première et la plus grande partie de ces cahiers. En raison du grand nombre de documens exigés pour chacune de ces observations, la place marquée pour ces divers documens dans leurs colonnes respectives serait insuffisante, si on ne convenait d'avance d'employer à la rédaction des faits un style aphoristique des plus laconiques, et de soumettre les mots eux-mêmes à un système général d'abréviation. Ces abréviations peuvent, dans quelques colonnes, se réduire à une seule lettre ou à une seule syllabe. Par exemple, dans la colonne des tempéramens, attendu que ceux-ci se trouvent représentés par cinq à six mots dont l'initiale diffère, il suffira de ces lettres initiales S, L, Zf, N, M, pour indiquer le tempérament sanguin, ou lymphatique, ou bilieux, ou nerveux ou musculaire, dont se trouve doué l'individu qui fait le sujet de l'observation, et de la réunion de deux ou trois de ces initiales séparées par un trait pour noter la réunion de deux ou trois de ces tempéramens chez un même sujet. Ainsi L.-N., B.S., expriment les tempéramens lymphaticonerveux, bilioso-sanguin, etc. L'énoncé des différentes constitutions individuelles ne pouvant se faire au moyen de termes spéciaux et convenus comme pour le tempérament, l'initiale seule du mot employé pour désigner cette différence de l'organisation deviendrait insuffisante; aussi a-t-on donné un peu plus d'espace à la colonne relative à la constitution pour que celle-ci pût y être clairement désignée, au moyen d'une abréviation plus claire et plus généralement usitée. Cette abréviation consiste à présenter la première syllabe du mot abrégé, plus la pre-

mière consonne de la syllabe suivante , par exemple rob. pour constitution robuste, faib. pour faible, etc.; cette abréviation monosyllabique sera employée dans les autres colonnes pour les mots à deux syllabes. Quant à ceux qui se composent d'un plus grand nombre, l'abréviation s'augmentera dans la même proportion de manière à figurer plus de la moitié du mot, et de produire en outre une ou deux consonnes appartenant aux syllabes supprimées, comme dans ces deux exemples : cligest. labor., expect. purif. ; digestion laborieuse, expectoration puriforme. Ceci devient surtout nécessaire pour un grand nombre de termes de médecine qui , tirés des mêmes racines grecques, ne diffèrent que par leur terminaison, comme: hémorragie , hémorroïdes, dyspepsie, dyspnée, qu'on pourra abréger sans crainte d'équivoque, en les écrivant ainsi : hémorg., hemord. 3 dyspp., dyspn.

Comme chaque mot abrégé doit être terminé par un point, il sera nécessaire de remplacer ce signe par quelque autre qui puisse marquer distinctement la fin de la phrase. L'on emploiera à cet usage un trait perpendiculaire un peu allongé , comme dans cet exemple: Chaq. jour, 3 ver. d'eau en bsson. Bain à 34°, suivi d'une dch. sur le point doul. j 1/2 h. d'équit. av. le dîner.

Il est inutile d'ajouter que lorsque les détails exigés par l'exposition des histoires particulières, pourront être contenus dans la place qui leur est réservée, sans recourir à ces formules abréviatives, il sera préférable de s'en abstenir. On sent d'un autre coté la nécessité de suppléer au défaut d'espace dans le cas contraire, c'est-àdire quand les documens, quoique soumis à cette abréviation, ne pourraient être renfermés dans l'étendue d'une seule ligne. On empiéterait alors sur les suivantes autant qu'il serait nécessaire, et il suffirait pour éviter toute

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confusion, de reculer d'autant de lignes l'observation subséquente.

(Extrait d'un rapport fait à l'Académie royale de médecine, par la commission des eaux minérales, formée de MM. Boudet, Coutanceau , Desrones, Duval, Henry, Gardien , Lucas , Orfila , et

Itard, rapporteur.

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