INSTRUCTION DU CONSEIL DE SALUBRITÉ
(1) En jetterai , la mort n'est prouvée que par la putréfaction.
On doit donner des secours à tout individu retiré de l'eau, ou asphyxié par d'autres causes , chez lequel on n'aperçoit pas , au moins , un commencement de putréfaction.
Dans les noyés retirés de l'eau peu de temps après la submersion, la vie n'est pas toujours éteinte ; elle n'est souvent que suspendue , comme dans tous les sujets asphy xiés. ,
L'expérience a démontré , que plusieurs heures de séjour dans l'eau ne suffisaient pas toujours pour donner la mort.
La couleur rouge , violette ou noire du visage , le refroidissement du corps, la raideur des membres , ne sont pas toujours des signes de mort.
Les secours aux asphyxiés peuvent être administrés par toute personne intelligente. Les principaux moyens se trouvent dans les boîtes que l'administration entretient sur différens points de la ville et des communes riveraines du ressort de la préfecture de police.
On procédera dans l'ordre suivant :
Noyés.
On écartera des submergés la foule qui se presserait autour d'eux; six personnes suffisent pour administrer les secours ; un plus grand nombre ne pourrait que nuire.
Si le submergé est privé de mouvement et de sentiment, on le tournera sur le côté , et plutôt sur le côté droit ; on fera pencher légèrement sa tête , en la soutenant par le front , on enlr'ouvrira ses lèvres ; on écartera doucement ses mâchoires , et on facilitera ainsi la sortie de l'eau qui pourrait s'être introduite , soit dans la bouche, soit dans les narines.
Cette inclinaison ne doit durer au une à deux minutes; on relèvera le submergé ; on choisira un lieu disposé en pente douce , sur le rivage , dans le ba teaumêmeou ailleurs, et on l'y couchera provisoirement, tourné sur le côté , la tête en haut et les pieds en bas.
Le submergé sera placé sur une couverture de laine; ou, à défaut de couverture, sur un manteau ou les habits qu'offrirait l'humanité des assistans.
Dans l'été , lorsque les chaleurs sont vives , on laissera le submergé exposé à l'action du soleil , à découvert, même dans l'état de nudité. On aura soin , cependant, de lui couvrir la tète d'un mouchoir ou d'un bonnet.
Dans les jours nébuleux , ou daus les temps froids , on s'empressera de l'envelopper avec la couverture ou les habits dont on pourra disposer, et l'on couvrira toujours sa tête , de préférence avec, un bonnet de laine. {On trouvera dans la boite, une couverture et unbon.net.)
On transportera immédiatement le submergé dans un hôpital , ou dans l'un des dépôts de la boîte de secours.
Jlfi. RÈGLEMENS DIVERS.
Le commissaire de police, ou le commandant du poste s'il est le premier averti, et les maires , dans les commu-
En cas d'urgence , il serait déposé dans la plus prochaine maison.
Le transport devra s'effectuer avec précaution.
Si la boîte de secours ne se trouvait pas sur les lieux , on irait la chercher promptement.
Toutes les fois cpie le malade sera porté ailleurs quedans un hôpital , on fera sur-le-champ , appeler un médecin ou un chirurgien.
En attendant , on débarrassera le submergé de ses vêtemens , et , plutôt que de l'agiter trop violemment dans cette opération , on les coupera d'un bout à l'autre avec des ciseaux.
On l'essuiera avec des linges secs; on le tiendra soigneusement enveloppé d'une ou de deux couvertures, couché sur le côté droit, et, autant que possible, auprès d'un feu de flamme, mais à une distance convenable, la tète un peu élevée.
On fera ensuite, sous la couverture, avec des étoffes de laine bien chauffées, des frictions sèches, spécialement sur le creux de l'estomac, sur les flancs, le Tentre et les reins.
On fera promptement chauffer des fers à repasser , et on les promènera légèrement sur la couverture dont le noyé est enveloppé, en les laissant séjourner un peu sur les parties les plus sensibles à l'action de la chaleur; savoir : sur le creux de l'estomac , sur les flancs , le ventre, sous les aisselles , sur la région du cœur.
En général, on frottera toutes ces parties, et on les couvrira d'étoffes de laine bien chauffées.
Si les moyens précédemment indiqués sont insuffisans , on pourra faire brûler doucement , sur le creux de l'estomac, sur le gras des cuisses, sur les bras, de petits morceaux d'amadou, ou de linge, ou simplement de papier.
Pendant les frictions, et l'application des fers à repasser, on se mettra en devoir de rétablir le jeu de la respiration, et d'introduire de l'air dans les poumons. I
On se servira, à cet effet, de la canule courbe en cuivre, qu'on introduira dans l'une des narines, en fermant l'autre avec un doigt; on fermera exactement la bouche , pour empêcher l'air de s'échapper par cette cavité-.
On adaptera à l'autre extrémité de la canule, le soufflet, qu'on fera agir par petites saccades et avec douceur , en évitant d'introduire , à chaque mouvement, un trop grand volume d'air dans les poumons.
Entre chaque, coup de soufflet, il sera bonde presser légèrement la poitrine et le bas-ventre de bas en haut, et des deux côtés, afin de solliciter l'action des poumons.'
L'air qu'on introduit dans les poumons doit toujours être un air pur ; c'est pourquoi il faut, de préférence, employer le soufflet, et ne souffler avec la bouche que lorsqu'il est impossible de faire autrement.